‹ Histoire de LyonChapitre 169 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

qu'il jugerait à propos. Pierre de Savoie se rendit à ces honteuses conditions. La ville et les forteresses du L von nais furent livrées en même temps aux troupes de Philippe. Ainsi finit à Lyon le règne des prélats et du chapitre, qui avait duré presque trois cents ans.

Cependant le pape Clément v servit de médiateur entre Pierre de Savoie et Philippe le Bel : sur sa demande, on renvoya Tannée suivante1 tous les otages ecclésiastiques et laïques que Louis le Hutin , après sa conquête , avait emmenés à Paris. On n'avait point encore passé de traité sur les affaires ultérieures de la baronnie : les garnisons françaises le rendaient inutile. Tout devait s'arranger dans le concile convoqué à Vienne \

Ce concile fut un des plus remarquables sous plusieurs rapports : les motifs de sa convocation, l'arrêt scandaleux qui y fut prononcé, les traités importans qui y furent passés, les intrigues royales et sacerdotales , la peinture du caractère d'un grand nombre de prélats et de plusieurs personnages, qui en furent les acteurs principaux, formeraient un très gros volume et du plus vif intérêt. Ce drame historique du commencement du quatorzième siècle n'a point encore été convenablement dessiné. Qu'il nous suffise d'en indiquer quelques traits qui concernent notre histoire.

» Année 1310.

• ànuéei 1312 el 1513

Le pape et le roi se faisaient mutuellement la cour, l'un pour accroître son influence, L'autre pour augmenter ses richesses et étendre le domaine de sa couronne. Le premier rêvait, comme tous les pontifes, une croisade formidable contre les infidèles; il se rappelait sans doute que jamais les papes n'avaient été plus puissans que durant ces folles entreprises, où ils envoyaient pleurer leurs péchés les rois qui leur déplaisaient; mais Clément ignorait que les croisades étaient ridicules , depuis qu'elles n'avaient plus pour moteur un véritable enthousiasme religieux ; toutefois le concile de Vienne eut pour objet principal la croisade. Le second, avide au dernier point, parce qu'il était prodigue, parce qu'il guerroyait sans cesse, avait de plus une forte antipathie pour tout ce qui pouvait mettre des bornes à son autorité : aussi voyait-il avec une sorte de concupiscence les richesses énormes des Templiers , et avec fureur leur indépendance monastique; ils formaient avec leur grand-maitre un état dans un état. L'autre objet principal du concile fut par conséquent leur destruction. Le projet de Philippe réussit mieux que celui du pape. Ce dernier, espérant obtenir beaucoup de choses du roi, prononça la falale et l'inique sentence, car on peut regarder la condamnation et le supplice des Templiers comme un des forfaits de la puissance souveraine, soit royale, soit pontificale. Les chevaliers du Temple avaient oublié, il est vrai,

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