TROISIÈME PARTIE
tance; il détruisit entièrement les prétentions du chapitre, ne laissa qu'une ombre de souveraineté à l'archevêque, favorisa la communauté des citoyens, et consolida leur gouvernement consulaire. Il se fit chérir des bourgeois , qui lui prêtèrent ' le serment qui suit :
« Et aussi nous, conseillers, pour nous et nos « scindics et procureurs, en nom de toute la « université et habitans de Lyon, qui ores sont, c( et par temps seront de l'âge de quatorze ans et « dessus, seront tenus de faire, et feront des ores « à nostre seigneur le roy de France, se il est « présent à Lyon , ou à ses gens en absence de li, « le serment de féalité qui s'en suit : Jurerons et « jurons sus saints évangiles corporellement que « nous serons féals au roy, et à ses successeurs « rois de France, et que nous leurs aiderons en « bonne foy et sans fraude, de tout notre pooir, « à la défense et à l'honneur du roy et de ses « successeurs et du roïaume encontre toutes perce sonnes; et que nous entendons et garderons « l'accord présent fermement, et tout ce que con- « tenu y est et encor plus. Que si lesdits archece vèque ou doyen et chapitre, ou tous ensemble ce vouloient désobéir ou rebeller au roy ou à ses ce successeurs, ou à leurs gens, que ja n'aviegne, ce nous ne serions tenus de eulx aider, ne de rien ce ne leur aiderions, ains serions tenus de aidier
» Le IB juin 1320.
« le roy et ses successeurs, et leurs gens à conte traindre les à venir à obéissance au roy de tout « noslre pooir en bonne foy et sans fraude, et « que ledit serment sera fait et renouvelle perce pétuellement à temps d'un même roy de dix « ans en dix ans. »
Aussi l'archevêque Pierre de Savoie, effrayé de celte association formidable de la commune de Lyon avec la royauté , fit , quelques jours après, le samedi qui précéda la fête de Saint-Jean-Baptiste , la déclaration solennelle des immunités , franchises et libertés de la commune de Lyon, qui lui furent présentées dans son château de Pierre- Scise *, il les confirma , approuva et scella d'une bulle de plomb pour lui et ses successeurs , afin qu'elles fussent établies à perpétuité. Le préambule de cette espèce de charte communale, et une sorte de dialogue qui eut lieu entre les bourgeois et le prélat, sont très remarquables ; nous ne les passerons point sous silence.
— Pierre de Savoie, par la providence divine, archevêque de la première lyonnaise, à tous ceu\ qui ces présentes lettres verront, savoir faisons avec salut que, comme naturellement tout homme désire et cherche la liberté pour laquelle Dieu a même soumis son propre Fils au joug de la ser\itude, afin de nous délivrer de celle-ci et nous acquérir la première, ayant fait réflexion que les gens de province comptent pour beaucoup que leurs usages et leurs coutumes soient respectés,