‹ Histoire de LyonChapitre 179 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

il s'empressa de renouveler les privilèges que la cité avait obtenus de ses prédécesseurs. Mais il fit en même temps sa cour au roi d'une manière plus directe, car c'est aux démarches de ce prélat que la couronne doit un de ses plus beaux apa-

nages.

Avant de monter sur le siège archiépiscopal, Henri de Villars était le favori, le conseiller intime, le chef de la petite cour du dauphin Humbert. Celui-ci perdit son fds unique, et en éprouva un chagrin mortel : les divertissemens chevaleresques de la contrée guerrière qu'il habitait , les plaisirs de sa cour, ses beaux châteaux, ses belles possessions avec leurs montagnes si pittoresques, n'avaient plus d'attraits pour lui; il résolut de renoncer au monde et d'embrasser la vie monastique. 11 délibéra plusieurs jours s'il donnerait son apanage au pape , au duc de Savoie , ou au roi de France. Henri de Villars lui dit que ses états ne convenaient qu'à ce dernier, dans le cas où Philippe voudrait consentir à ce qu'un de ses enfans le possédât sous le titre de dauphin. Le monarque français reçut avec reconnaissance cette agréable proposition. Il jeta les yeux d'abord sur le second de ses fds, le duc d'Orléans ; mais s'étant aperçu que Jean, duc de Normandie, son fils aîné et père de plusieurs princes, en était jaloux, il lit donner le Dauphiné à Charles, fds du duc de Normandie. Tout fut réglé à Lyon : Jean arriva dans cette ville, où il fut bientôt suivi par

le dauphin Humbert et par Charles qui devait recevoir l'investiture; la cérémonie s'en fit dans le cloître des Frères-Prêcheurs. Humbert, qui logeait dans ce cloître, s'y revêtit des habits de sa dignité; là, en présence de Jean, duc de Normandie, il donna à Charles i'épée delphinale, le sceptre et la bannière de saint George , et lui mit au doigt l'anneau pour l'investir du Daupliiné. Après quoi, dépouillé des marques augustes qu'il avait cédées , Humbert se couvrit du froc des Frères-Prêcheurs, et changea le titre de dauphin en celui de frère Humbert1.

Le roi de France, Philippe de Valois, mourut bientôt après. Jean, duc de Normandie, son fils aîné, lui succéda : il était âgé de quarante ans; il fit preuve de beaucoup moins de capacité que son père; ses imprudences commencèrent cette longue série de malheurs que le génie du dauphin put à peine arrêter pendant quelques années.

On connaît les désastres qui suivirent la bataille de Poitiers2. Charles, prince du Dauphiné, échappa fort heureusement au massacre général3, et gouverna l'état , durant la captivité de son père, sous le titre de régent. 11 profita de son

1 Le K) juillet 1348.

a Années 1556 et suivantes.

5 II s'était retiré dès le commencement du combat, ainsi que deux <lr ses frères , conduite qui parut un peu trop prudente , mais qui par le

fait lut très utile à la France.

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