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TROISIÈME PARTIE

s'étant assembles et n'ayant pu s'accorder entre eux sur le choix des hommes les plus distingués, ils donnèrent plein pouvoir aux principaux bourgeois de faire cette élection : ceux-ci nommèrent Ainard de Villeneuve et Humbert de Bleterans, issus de deux familles illustres qui ont fourni des premiers-présidens aux parlemens de Dijon et de Toulouse '.

Malgré ce noble dévoûment des bourgeois de chaque bonne ville et des seigneurs français pour consolider la paix entre le roi de France et le roi d'Angleterre, les petites villes qui ne se trouvaient point entourées de fortes murailles, les châteaux démentelés , les métairies surtout et les marchands trafiquant sur les grandes routes n'étaient pas plus tranquilles que durant la fureur des combats. Les princes de cette époque féodale , où les grands vassaux n'étaient obligés qu'à un nombre de jours déterminé de service militaire , pour entretenir plus long-temps une armée sur pied, payaient des mercenaires de tout pays qui devenaient autant de brigands enrégimentés quand la guerre avait cessé. Nos contrées furent

1 Jean donna , en I3G2 , des lettres patentes pour le remboursement des deniers fournis par la ville de Lyon pour sa rançon ; mais la ville , en 1368, tira seulement quittance de quatre mille cinq cent trente-cinq florins d'or fournis pour cette rançon , et Charles v , successeur du roi Jean , fut forcé de donner des lettres patentes (années 1370 et 1372) pour contraindre les villes de Màcon , de Tournus et de Cluny, à payer leur part de la dépense des otages envoyés de Lyon à Calais , avec un exécutoire du parlement contre ces villes.

inondées par ces hordes aussi dévastatrices que

les barbares qui avaient dépeuplé les Gaules.

On les appelait les tard-venus, parce que plusieurs n'étaient venus en France que sur la lin de la guerre, et prétendaient que la paix ayant été signée trop tôt, ils n'avaient pas eu le temps de s'en donner assez à piller1. On remarquait parmi eux des hommes de nations différentes, dont quelques-uns étaient grands capitaines, et tous habiles maraudeurs, tels que Brabançons, Allemands, Flamands, Hainuyers, Bretons, Gascons, mauvais Français qui étaient appauvris par la guerre2. Ils se rassemblèrent d'abord en Champagne et en Bourgogne, prirent d'assaut le château de Joinville , bien fourni de toute chose, car les voisins le regardaient comme imprenable, et y avaient apporté leurs trésors. Quand les tardvenus se trouvèrent en nombre suffisant , ils choisirent leurs capitaines ; puis résolus de se rendre, environ la mi-carême, vers Avignon, auprès du pape et des cardinaux, ils dévastèrent le comté de Maçon , le comté de Forez , ce bon et gras pays , cheminant sans se presser vers Lyon sur le Rhône5. Quand le roi de Fiance entendit ces nouvelles, que les compagnies de maraudeurs se multipliaient, gâtaient, ravageaient son royaume plus que toutes les guerres avec les Anglais, il dé-

' ParadÎD , Mémoires de l'histoire de Lyon. a Froissait, Chroniques, année 1 3(51 .

5 l'roissart , loc. cit.

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