‹ Histoire de LyonChapitre 189 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

à l'archevêque de Lyon, dont le diocèse sYlendait dans la Bresse et sur quelques paroisses au delà du Rhône dans le Dauphiné, de lui prêter

le serment de fidélité entre les mains du conilc de Savoie, son vicaire général , reste de féodalité de peu d'importance. 11 exigea le même serment de lévcque de Màcon , dont le diocèse se trouvait en partie dans la Bresse , et de l'évèque de Grenoble, parce que le Dauphiné était alors terre de l'empire l.

Mais ce qui regardait d'une manière plus directe la ville de Lyon, et eut quelques suites fâcheuses à cause de l'esprit de chicane des membres du chapitre, c'est que le roi de France , comme successeur des dauphins, se trouvait en possession , non seulement du Dauphiné , mais encore de l'hôtel ou palais de Roanne dans le quartier des chanoines. On sait que cet hôtel avait d'abord appartenu aux comtes de Forez, dont une branche portait le titre de seigneur de Roannais, et avait donné à cet hôtel le nom de Roanne, de celui d'une petite ville de leur fief située sur la Loire. Les dauphins, à la suite de plusieurs alliances avec les comtes de Forez, étaient devenus possesseurs de ce même palais que les chanoines avaient occupé pendant long-temps sans droits positifs. Voilà toutefois comment les rois de France purent s'emparer de cette propriété pour

1 Année* 1365 ei [366.

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y placer plusieurs établisscmens remarquables

dont nous parlerons bientôt.

Les chanoines ne s'en considéraient pas moins comme les seuls maîtres légitimes. Us le proclamèrent ouvertement ; il en résulta des querelles et des procès qui durèrent long -temps entre l'église de Lyon et les rois de France. Mais ces derniers étaient devenus puissans dans la cité par leur association avec les bourgeois; les chanoines dissimulèrent. Charles v établit dans l'hôtel de Roanne ses officiers, tant pour la garde de la ville que pour la justice dont il avait le ressort. Les guerres sourdes du clergé commencèrent au même instant, et quelquefois les bedeaux, moins prudens, se portèrent à des violences manifestes.

Un archevêque de Lyon , plus entreprenant que les membres du chapitre, Charles d'Alençon , jura de retirer le palais de Roanne des mains des officiers du roi. Jl notifia l'ordre à Archaimbaud de Comborn , bailli de Saint-Gengoult, qui y faisait sa résidence en qualité de sénéchal de Lyon , et y tenait le siège de sa justice, de l'abandonner sur-le-champ '. Le bailli refuse. Charles d'Alençon était prince du sang, et, comme tel, d'une fierté que rien ne pouvait fléchir; le refus d'Archaimbaud le fait entrer clans une grande fureur; l'occasion favorable de se venger se présente. In sergent royal, nommé Martin de Chaponos, était

- innées 1370, 1371 ot 1372.

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