‹ Histoire de LyonChapitre 190 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. 40Ô · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 40Ô

allé pour arrêter prisonnier un citoyen nomme* Jean Burtet, sur une commission du sénéchal; le prélat envoie ses propres huissiers pour attaquer ce sergent en pleine rue, arracher son épée, et son manteau sur lequel était brodée une fleurde-lis, marque de son office, et le conduire dans les prisons de l'Archevêché. Là, Martin de Chaponos se voit mettre les fers aux pieds. Quelques jours après, Monet de Saint-Cyr, clerc de l'église de Lyon , étant entré dans la maison d'un autre sergent royal, l'accable de coups, le laisse mort sur la place, et se retire auprès de l'archevêque, qui refuse de livrer cet assassin.

La conduite de l'archevêque était scandaleuse. Quoi! s'écriaient les officiers du roi, le chef de l'église de Lyon devrait donner l'exemple des vertus chrétiennes , il commet des crimes dont les brigands rougiraient! Le bailli de Comborn ne s'en tint pas aux paroles; il demanda justice des auteurs de ces attentats, et voulut qu'on les remît entre ses mains. Charles d'Alençon répondit que le sergent royal avait été arrêté pour plusieurs méfaits sur les terres du chapitre, et que l'affaire du clerc Monet ne regardait que la police ecclésiastique; que d'ailleurs, pour montrer qu'il ne craignait pas Archaimbaud de Comborn , il voulait qu'on emprisonnât de suite le fermier royal qui avait l'audace de lever un impôt sur les marchés publics de l'église. Le bailli, poussé à bout par toutes ces entreprises, ne garda plus de me-

sures avec l'archevêque : il fit sur-le-champ saisir son temporel dans la main du roi; el ayant fait publier à son de trompe que tous les habitans eussent à prendre les armes pour la conservation des droits du roi et celle de leurs privilèges, il fit fermer les portes de la ville, afin que l'archevêque qui habitait le château de Pierre-Scise avec ses officiers , ne pût revenir au milieu des bourgeois. Àrchaimbaud ordonna aussi de clouer les portes de l'auditoire de la justice, et d'y appos< i les pennonceaux du roi, pour marque de la saisie qu'il avait faite du temporel. L'archevêque, pour se défendre, employa les seules armes qui lui restaient : il mit la ville en interdit \ Quelques comtes de Saint-Jean refusèrent d'abord d'obéir, puis se soumirent comme les autres à la sentence vengeresse. Toutes les paroisses et les communautés de la ville s'y soumirent aussi sans contradiction. Les chanoines réguliers de la Platière seuls, prétendant être exempts de l'interdit par des bulles spéciales , continuèrent de célébrer l'office divin : c'était d'ailleurs la ferme volonté de leur abbé qui l'exigeait. Les choses demeurèrent en cet état jusqu'au mois de juillet de l'année suivante2. Charles , retenu prisonnier dans le château de Pierre-Scise, était soumis à une rude pénitence : déjà il n'avait plus que du pain et de l'eau

« Lo 4 décembre 1371.

* Le 24 juillet 1372.

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