TROISIEME PARTIE
Neuf, on avait peint les armoiries de France sur
une glande bannière; celles des princes et des grands seigneurs étaient groupées comme une espèce de couronnement autour de celles du roi. \a chemin était sablé. Cinq cents hommes à cheval, vêtus de rouge aux dépens de la ville, et précédés de deux trompettes et de trois hautbois, allèrent au devant du roi hors de la ville , pour le recevoir. Un nombre égal déjeunes citadins, vêtus de cotte-d'armes ou tuniques bleues fleurdelisées, tenant chacun à la main un guidon ou pennonceau des armes du roi, marchant deux à deux, s'arrêtèrent à l'entrée du palais de l'archevêque; là, s'étanl rangés en haie, ils saluèrent le prince en criant : « Monljoie-Saint-Denis, vive le « roi î » Le plus beau de la fête , c'est que vingtcinq des plus notables dames de la \ ille , vêtues de bleu, avaient attendu le roi à la porte de Bourg-Neuf, sous un riche pavillon bleu que l'on avait fait dresser. Quand il fut entré et eut reçu les complirnens des magistrats , toutes ces dames lui firent la révérence, et quatre d'entre elles lui présentèrent le dais qui devait être porté sur lui le long de la marche ; il était de drap d'or, et les bat tans ou campanes de satin bleu à fleurs-de-lis (l 'or relevées en broderies, avec franges vertes de soie mêlées d'or. Quatre notables bourgeois, velus de satin, prirent ce dais des mains des dames, el le portèrent sur le roi jusqu'à la porte du cloître, et les vingt-cinq dames se rangèrent sur un
pale ou balcon fait exprès , d'où elles pouvaient voir toute la marche de la cour et de la suite du roi. Sur la place du Change, nommée alors la place de la Draperie, du côté du royaume, on avait élevé une fontaine qui , durant toute la marche, jetait par divers canaux du vin blanc et du vin clairet, pour rafraîchir les passans et particulièrement les soldats de la garde du roi. Cette fontaine était gardée par les deux plus grands hommes qu'on eût trouvés dans la ville, déguisés et vêtus en sauvages.
« Oui, racontent les bons bourgeois de cette « époque, le roi s'en vint à Lyon, et les habitans « furent moult joyeux de sa venue, et parèrent « les rues. Et à l'entrée de la ville joignant la « porte, y avoit un riche poile sur quatre bâtons a que tenoient quatre jeunes belles fdles, et se « mit le roi dessous ; et en certain lieu en la ville « y avoit jusqu'à mille enfans vêtus de robes « rovales , louant et chantant diverses chansons « sur la venue du roi. Chères se faisoient, feux « et tables furent mises par les rues et ne cesce sèrent pendant quatre jours de ce faire jour et ce nuit ; jeux et ébatemens se faisoient et tous ce signes qu'ils pou voient faire de joyeuselé pour ce la venue du roi leur souverain seigneur, et de ce le voir en bonne santé et prospérité. Ceux de ce la ville, avant son entrée, lui avoient déjà ence voyé leur présent de bœufs, de moutons gras ce et de tonneaux de vin ; on lui lit encore de