‹ Histoire de LyonChapitre 193 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« nouveaux présens à sa sortie pour aller à « Vienne; car après la inesse, la ville le servit « de six pois et de six douzaines de coupes d'arec genl 1res bien dorées et émaillées des armes du « roi; elle en présenta trois douzaines à Monsieur « de Touraine, frère du roi, pareillement dorées « et émaillées de ses armes, et la plupart des sei- « gneurs furent régalés de flambeaux et de conte fitures, à qui l'on donnait pour lors le nom « d'épices \ »

Une réception aussi splendide avait produit un effet merveilleux sur l'esprit du roi. 11 ne parlait que des Lyonnais aux gens de sa suite; celte magnificence de simples bourgeois fut longtemps l'objet des entretiens de la cour : les mémoires, les annales, les chroniques du temps et surtout les historiens de Charles \i ne l'ont pas passé sous silence. Le prince n'avait rien de remarquable ; peut-être pouvait-on déjà prévoir la démence qui devait plonger son royaume dans un abyme de maux : c'était donc pure affection de la part des citoyens lyonnais pour le monarque , plutôt qu'un vif enthousiasme excité par un grand génie. Mais là où les bourgeois n'avaient cherché qu'un moyen d'exprimer leur dévoûment, les chanoines trouvèrent une occasion de se révolter.

1 lean-Jovénal des l'rsins, archevêque <U Reims; Religieux rfe Saint- Denis ; Guy de Monceaux ; Philippe de Villette ; Relation des entrées

solennelles de la ville de Lyon.

Jean de Talaru , archevêque de Lyon , part pour Paris; il profite de la bienveillance de Charles vi pour la cité; il demande1 des lettres patentes qui rétablissent les archevêques dans tous leurs anciens droits, sauf' le ressort à Màcon. Le prélat n'eut pas plus tut obtenu ce titre précieux, qui incitait la joie dans son ame et lui permettait de braver les officiers de Roanne , les citoyens , le roi lui-même , qu'il partit de Paris en diligence avec l'intention de faire publier les lettres patentes, en grand appareil, aux deux extrémités du pont de la Saône.

11 choisit maître Etienne de Givry pour son exécuteur. Il l'amena avec lui à Lyon par eau , avec si grande hâte, qu'ils vinrent en un seul jour depuis la ville de Cluny, distante de Lyon de quinze lieues, passant par Màcon , jusqu'à l'archevêché, où ils arrivèrent sur les dix à onze heures du soir. Un véritable apôtre de Jésus- Christ serait entré modestement dans le séjour de son troupeau. Talaru , malgré les ténèbres de la nuit, voulut étaler son triomphe à tous les regards : une grande troupe de personnes ecclésiastiques venaient à sa rencontre avec bon nombre de torches el île flambeaux, criant à haute voix : «Tout est gagné, demain tout sera gagné. » L'archevêque accourut ensuite, suivi de Givry, sans rendre des actions de grâces dans l'église, où

« Le 3 avril 1392.

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