‹ Histoire de LyonChapitre 197 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« difficiles el si déplorables; qu'après les dépenses " énormes qu'elle avait faite pour élever dos rem " parts, pour se fortifier, elle Détail plus en élai • de payer des gages à un capitaine tout-à-fail « inutile en temps de paix, principalement à un

capitaine qui, de sa propre autorité, relien- « drail chez lui les clés de la \ille dont les ci- « toyens de Lyon étaient maîtres, en les possé « dant toutefois à foi et hommage du souverain; « qu'ainsi, pour ce qui concernait l'office de câ- « pitaine, les bourgeois en appelaient à la justice « du roi et à son parlement, comme d'une véri- « table usurpation. »

\ dater de cette époque, l'office de capitaine de la ville fut bien différent de ce qu'il avait été , puisque les premiers capitaines étaient en premier lieu ce que fuient dans les derniers siècles les gouverneurs et les lieutenans- généraux ; le capitaine n'était, à proprement parler, que le commandant de la garde bourgeoise, composée de la compagnie des arquebusiers et des pennonages ou compagnies des quartiers. 11 était au gage de la \ille, et marchait devant le consulat dans les grandes cérémonies. Ce qui démontre encore que la capitainerie, à Lyon, n'était établie dans les derniers temps que pour la garde bourgeoise, c'est qu'à la (in du seizième siècle, lorsque l'on craignait les incursions des Reislres qui étaient dans le Maçonnais, le consulat se crut obligé* de faire des lc\ées de gens do guerre : il

forma trois compagnies avec trois capitaines, sans que le gouverneur fit aucune opposition à celte nomination qui aurait été contre ses droits, s'il avait été capitaine de la ville avec le même pouvoir que les anciens. Cependant, pour donner plus de force à l'association de la commune avec la royauté, le capitaine de la cité prêtait serment entre les mains du gouverneur. Les anciens capitaines institués par le roi, sans aucune participation des citoyens , le prêtaient entre les mains du chancelier. La seconde forme de nomination et de prestation de serment était une preuve de perfectionnement dans le gouvernement consulaire. Il faut que les rois se soient bien écartés de la véritable liberté, puisque tous nos efforts politiques, dans les temps modernes, ont tendu en quelque sorte à revenir au point de départ.

Résumons. «Lorsque les rois de France eurent « acquis pleinement le domaine temporel de la « ville de Lyon, ils nommèrent, pour y établir « leur autorité , des gouverneurs et des lieute- « nans du roi, des capitaines pour sa garde, et « des sénéchaux. Quand ils en eurent acquis la « justice, ils y établirent des juges, un présidial , « des intendans de justice, un bureau de tréso- « riers, une élection, un hôtel des monnaies, « un maître des ports , un grenier à sel , des « douanes , et divers officiers pour exiger les « droits royaux. Il y eut quatre espèces de gou-

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