‹ Histoire de LyonChapitre 206 sur 223 · TROISIÈME PAU LIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PAU LIE

(( paroles, et chercha son épée pour avilir notre « personne; laquelle, connue après nous avons « su, il prétendait mettre en sa sujétion. Delà* « quelle chose , par divine pitié et par l'aide de a nos loyaux serviteurs, nous avons été préservé; et lui, par sa folie, mourut en sa place. » Peu de joins après cette lettre, le dauphin vint à Lyon pour se (aire des partisans contre les odieuses intrigues qui se préparaient. Sa mère, Isabelle de Bavière, le roi insensé qu'elle dirigeait, Philippe de Bourgogne fils du duc Jean, conjurèrent sa perte. 11 fut déshérité, et la France donnée aux Anglais. Cela n'empêcha pas les citoyens lyonnais de le recevoir avec enthousiasme : la ville et le plat pays lui firent don de quatre mille livres, et de cinq cents livres pour les seigneurs qui l'accompagnaient. Les denrées furent mises au meilleur marché, au point que les albergemens1, nuit et jour, ne coulaient que douze blancs; le quintal de foin, dix sous, et cinq sous la ras2 d'avoine; huit blancs les perdrix vermeilles, six blancs les grises, huit blancs les chapons, dix blancs les lièvres; la livre de chandelles, quinze deniers tournois; le quintal de fromage, cent sous, et quinze deniers la livre3. On fit crier que chacun eût à nettoyer devant sa maison, comme à la Fête-Dieu, depuis la

• Les l igemens.

• Mesui e de celle époque.

"• Actes consulaires. Janviei I il'.).

444 IIISTOIHK OK LYON.

porte Bolirg-Neuf jusqua Saint-Jean, sous peine d'un mare d'argent.' La ville fit Jes frais d'une trompette pour aller au devant de monseigneur; Je consulat ordonna à tout citoyen qui avait un cheval , de faire une garde d'honneur au dauphin; pas une lanterne des rues, pas une fenêtre d'hôtel ne resta sans être illuminée. Néanmoins ce fut une grande douleur et une indignation universelle, de voir la reine Isabelle de Bavière transporter le royaume de France aux Anglais , que les Lyonnais détestaient au suprême degré. On s'élonnait aussi que le successeur de Jean sans peur, Philippe duc de Bourgogne, prince de la fleur-delis, ruinât son pays et sa famille, renonçai aux propres droits qu'il pouvait avoir, et s'abandonnât de la sorte par vengeance aux conseils des étrangers. Les factieux de Paris eux-mêmes, tout animés qu'ils étaient d'une furieuse haine contre les Armagnacs et le dauphin, trouvaient cependant cruel et honteux de devenir sujets des Anglais '.

Mais, chose merveilleuse! à la même époque, le Dauphiné, la Savoie et le Lyonnais, à cause du bon esprit de leurs habitans , jouissaient d'une parfaite tranquillité. Le négoce s\ faisait , el Lyon attirait tous les conunereans d'alentour par les hauts profils de ses foires*.

> Monstrelel ; Journal de Paris ; Bar an le • innée 1421 , Pâques !<• l'I mars.

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