‹ Histoire de LyonChapitre 209 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« obtenir de lui rabais de l'aide dernièrement oc- « troyé à Poitiers1 ». Cette démarche fut inutile, car les lettres du roi par lesquelles il mandait les trois états à Poitiers, arrivèrent immédiatement après. Alors le consulat prit la résolution d'y envoyer deux notables personnes, avec la mission secrète d'exposer au roi les charges et dettes de la ville , les inconvéniens tant des monnaies altérées que des exempts. Comme le plat pays* voulait joindre ses députés aux deux notables, il fut décidé que le plat pays s'étant plusieurs fois séparé de la ville, et que celle-ci, par ses loyaux services, pouvant obtenir des rabais et grâces, il était convenable qu'on se rendit aux états chacun de son coté.

Pendant que les conseillers s'occupaient ainsi des intérêts de la cité, le commun du peuple, les bonnes femmes de Lyon, les en fans pauvres, et même les notables, étaient dans la désolation : ils venaient de perdre leur patriarche, leur instituteur, leur consolateur, leur dieu tutélaire. Le bon et célèbre maître Jean Gerson venait de mourir comme un saint, quoi qu'en dise la cour de Rome. Il avait été, durant sa glorieuse vie, le parfait modèle de toutes les vertus, et l'exemple

^ frappant des vicissitudes humaines : d'abord grand- ' L'aide octroyé à Poitiers était pour le Lyonnais de wngl mille livres ; la ville à elle seule devait payer si\ mille quatre cents livres en trou termes : le premier le 15 janvier, le second le 15 mars , le troisième le 15 juin.

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chancelier à Paris , il était devenu maître d'école à Lyon. Les vieillards qui ont franchi une partie du dernier siècle, et vécu jusqu'à nos jours, doivent se rappeler la physionomie respectable d'un petit sacristain de l'église collégiale de Saint-Paul, et surtout l'enthousiasme avec lequel il montrait la chapelle de Gerson , ou racontait à qui voulait l'entendre la légende du bon docteur, à peu près conçue en ces termes :

« Oui, Monsieur, c'est là que ses restes mor- « tels reposent dans le sein de l'éternité : Dieu « conserve sans doute sa digne ame dans le pa- « radis ! A l'époque de la paix momentanée entre « le duc d'Orléans et le duc de Bourgogne, avant « que celui-ci fit assassiner son antagoniste1, l'u- « Diversité vint les haranguer. L'orateur était « l'ange de paix, maître Jean Gerson, curé de « Saint-Jean et chancelier de Notre-Dame , qui a « été surnommé le docteur évangélique, et à qui « l'on a attribué X Imitation de Jésus - Christ ; il « prit pour texte : Vivat rcx, et fit un superbe « discours sur le gouvernement de l'état, et les « vertus qu'il exige. Si l'on eût voulu écouter de « si bons renseignemens, les choses n'auraient « pas été si mal. Mais on a beau prêcher, disait- « on , les seigneurs et ceux qui les entourent « n'en tiennent compte, et ne pensent qu'à leur « intérêt particulier3. Après l'assassinat du duc

i En 1405.

* Bftrinte . Histoire des ducs de Bourgogne.

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