‹ Histoire de LyonChapitre 210 sur 223 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

« d'Orléans par Jean sans peur, le clergé et Tu- « Diversité axaient laissé sans aucune censure les « propositions par lesquelles maître Jean Petit, « mauvais cordelier normand, avait voulu justice fier ce meurtre abominable. La disgrâce du duc « de Bourgogne arriva : le vénérable Jean Gerce son, alors chancelier de l'université, s'adressa a au roi Charles vi pour qu'une telle doctrine ■ ne restât pas sans blâme public. Puis il prêcha « dans l'église de Notre-Dame avec une hardiesse ce qui causa beaucoup de surprise ; il donna de ce grandes louanges au feu duc d'Orléans; il asce sura que son avis n'était point la mort ni la ce destruction du duc de Bourgogne, mais qu'il ce devait être humilié pour le salut de son ame1. ce A la même époque, Jean Gerson poursuivit au ce concile de Constance, où il fut proclamé le plus ce excellent docteur de l'Eglise , la condamnation ce solennelle des doctrines de maître Jean Petit. « Mais survinrent les triomphes des Bourguignons; ce il fallut fuir pour échapper à la vengeance du ce duc. Après avoir erré pendant long-temps en ce Allemagne, en Autriche, dans les montagnes ce de la Bavière, n'ayant d'autre consolateur que ce le livre de l'Imitation de Jésus -Christ, Gerson ce vint se fixer à Lyon au monastère des Célesce tins, dont son frère était prieur0. Là, il fit pour

> Monstrelel.

2 Ijiographïe universelle , article Gkksox.

« les Frères -Mineurs le bel éloge de saint Bona- « venlure; il publia bon nombre de merveilleux « ouvrages pour déraciner la superstition des au- « gures , qui régnait surtout parmi les bonnes « femmes du Lyonnais, et pour désabuser deux « célèbres médecins entêtés de l'astrologie, dont « l'un prétendait guérir toute sorte de maladies « avec un talisman qui portait la figure d'un « lion , et l'autre ne voulait donner ses remèdes « qu'à certains jours qu'il croyait heureux* Le « saint docteur fit encore un traité admirable sur « les esprits : il découvrait avec son grand génie « l'illusion d'une jeune fille de Bourg en Bresse, « qui, en feignant des extases et des visions, « et pratiquant une abstinence extraordinaire, « avait persuadé bien des gens qu'elle délivrait cr les âmes du purgatoire, bien plus, de l'enfer. a La malheureuse faisait tout cela pour gagner « de l'argent; elle fut obligée de l'avouer. Enfin « Gerson composa un poème de trois à quatre « mille vers en l'honneur de saint Joseph. On y ic trouve non seulement du feu et de l'imaginait lion, mais encore un goût poétique et une la- « tinité beaucoup meilleure que ne le comportait a la barbarie de ce temps-là \ Au bout de sa car-

'-Colouia, Histoire littéraire. Voici un fragment de la Fuite Je Joseph en Egypte :

Post iter rmeusum «inri multicjuc laboril De procul inspicitur qnKliti terra Cauopi , Hinc horror lubitOJ amborum corda pavourue Concutit ) ipsa licxl mens iuconcussa rcsist.it. Vis prior alloquitur 5pon«am : h Cogno.««o décor*

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