‹ Histoire de LyonChapitre 211 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« rière, cet homme, que la Providence avait élevé « au dessus des autres par son caractère et son « esprit pour l'opposer aux erreurs de son siècle ; « se réduisit dans la paroisse de Saint-Paul, par « humilité, à la fonction de maître d'école ou de « catéchiste des enfans. Jl les rassemblait chaque « jour dans l'église; il n'exigeait d'autre salaire « ([lie celte simple prière adressée à Dieu, et qui <( fut répétée par eux la veille de sa mort ' : Sci- « gneur, ayez pitié de votre pauvre serviteur Gerce son. On grava sur sa tombe ces mois qu'il avait « continuellement à la bouche : Faites pénitence « et croyez à l'Evangile. On lui érigea celte cha- « pelle dans notre collégiale. Le peuple y accou- « rait en foule, et le souvenir du vieillard res- « pectable produisait un effet si prodigieux, qu'on « crovait être guéri de tout mal sur sa pierre « tumulaire. Pourtant la cour de Rome n'a jamais « voulu le canoniser, parce que Gerson avait cen- « sure les vices des moines , et parlé avec beau-

« Quàm sis, ô Domina. Gens ista libiJinc ferveo»

M Fœdis urgetur stimulis. Si sciverit u.vor

« Qubd mea sis, mihi quid nisi mors, ô Yirgo, paratur .

« Àlque pudicitiae tibi discrimen. Pharaonis

m Ducet ad aspectum mox te mauus improba lervi.

« Sors indigna nirnis ! »

Après cela , Joseph , à l'exemple d'Abraham , prie Marie de dire qu'elle est sa fille et non pas son épouse , et il abandonne tout le reste aux soins de la Providence.

<t Die , rjuacso , Maria ,

« Filin ipi'il met si>. Hoc aetas credere vcruui

M Suadcbit. Reli<{uum auxilio committo stiperno. n

1 II mourut à l'âge do soixante-si\. ans, le V2 juillet I \2')

454 HISTOIRE DE LYOiN.

« coup d'éloquence sur le pouvoir souverain des <x conciles. Mais le fameux évèque de Meaux, Bos- « suet, l'a vengé en disant : a Gerson défendit « avec un courage invincible la vérité catholique, « ce qui lui mérita le nom de docteur très chré- « tien :. »

Le pauvre peuple avait bien raison de regarder le saint docteur comme un ange tulélaire, car après sa mort la guerre eut lieu sur les frontières du Lyonnais. Les Bourguignons et les Anglais étaient victorieux. On fit donc à Lyon toutes les dispositions nécessaires pour la garde de la ville, surtout contre les entreprises du prince d'Orange, formidable défenseur du parti bourguignon dans le midi de la France. Les artilleries furent réparées, les grosses chaînes de Pierre-Scise furent tendues , les postes des guets furent visités. On visita aussi les hôtelleries pour savoir quels gens y étaient logés, et l'on fit crier dans les rues, tant de par le roi que de par monseigneur de Lyon3, « que tous estrangers et coquins vaga- « bonds vuident incontinent)). Le bailli ordonna de payer tout l'arriéré des contribuables pour

1 On peut lire avec le plus vif intérêt les ouvrages de Gerson, édition Dupin, Amsterdam, sous la rubrique d'Anvers, 1706, cinq vol. in-fol. ; mais surtout : De unitate ecclcsiastica ; De probatione spirituum ; Adinon tio de vita Christi et Epistola de libro vitee contemjdativœ\ Liber de sigillis et de obscrvalione d.crum ; Contra sectam flagellantium ; De astrologia reformata ; De erroribus circa artem m a gif a m ; etc.

3 L'archevêque de Lyon.

Page 1