‹ Histoire de LyonChapitre 213 sur 223 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

tiques, furent couronnes du plus heureux succès. Les Anglais étaient battus sur tous les points. Il ne restait plus que le duc de Bourgogne à contenir; chose très difficile! car soutenu par les ressources immenses de son duché, il parvint à se jeter avec ses gens d'armes sur le Lyonnais et le Beaujolais. Le roi vint aussitôt à Lyon pour organiser une vigoureuse défense. I ne assemblée nombreuse de citoyens se réunit, avant son arrivée, dans la chapelle Saint-Jacques, et décida « qu'à la venue du roi notre sire, on lui fera la « meilleure et la plus notable réception; on le « servira de cent marcs d'argent, ou en vaisselle, « ou autrement, ainsi que l'on verra être le plus « raisonnable; et si monseigneur le dauphin vient « avec lui, on le servira de vaisselle d'argent juste qu'à vingt-cinq marcs. Les autres seigneurs sea ront gratifiés de torches en cire et d'épices. On « pourvoira à la défense et provision d'artilleries « pour la ville, le mieux et le plus bref que faire « se pourra, attendu que les ennemis du roi ont « naguère gagné la ville d'Avalon, et sont d'in- « tention de descendre, comme l'on dit, en le « pays de Lyonnais. Pour avoir de l'argent, les « conseillers feront un rôle de certain nombre de « liens qui prêteront les uns de l'or, les autres de « l'argent blanc pour faire et accomplir les choses « dessus dites. Afin que ceux qui prêteront soient « plus surs de leurs prêts, les conseillers mandées ront, quand il conviendra, les maîtres des mé-

« tiers élus à la dernière Saint-Thomas, pour être « autorisés par eux à mettre sus un denier pour « livre , parée que cela vaut mieux que d'em- « prunier à usure sur sel ou autre denrée de la « communauté. Si l'ennemi approche davantage, « on tendra la chaîne de Saint -George pour ob- « vier que les blés et tous vivres ne s'en aillent « de la cité; de même celle de dessous Pierrece Scise. On fera planter des pieux en travers de a la Chanal ; on fera rompre tous les chemins « d'alentour ; on élèvera des tours d'arbalètes à ce la porte de Confort, et l'on distribuera les clés ce de la ville aux notables habitans. »

Les événemens démontrèrent la sagesse de ces précautions. Le duc de Bourgogne vint mettre le siège devant Belleville, à six ou sept lieues tout au plus de Lyon. Le sire de Bourbon , qui était chargé de la défendre, se hâta de demander aux citoyens lyonnais cent coulevrines, cinquante bombardes, quatre-vingts arbalètes, cinq cents arcs, cinq cents trousses de dix mille traits communs tout garnis, et de la poudre dans les bombardes à l'avenant'. Des membres du consulat, entre autres Bernard de Varey, s'opposèrent à cet envoi, parce que la ville était elle-même en danger, et de plus endettée de dix-sept cents livres.

On fut distrait, au milieu de tous ces bruits de guerre, par une singulière nouvelle. Pendant que

• Actes consulaires, 29 septembre 1431.

Page 1