‹ Histoire de LyonChapitre 26 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

de l'ancienne loi. Les prélats, dans ces figures, tenaient de la main gauche la crosse ou bâton pastoral; leur bras droit était un peu levé comme pour donner la bénédiction , l'index et le doigt du milieu joints et élevés, les trois autres fermés. Ils scellaient ordinairement avec de la cire ou du plomb, tantôt en simples cachets appliqués, tantôt à scels pendans et soutenus par des cordons de fil de soie : on trouve une quantité considérable d'actes ainsi scellés , dans les archives de la Préfecture du Rhône, et dans celles de l'Hôtelde-Ville de Lyon. Les prélats qui n'avaient que le tilre d'archevêques élus, et qui n'étaient pas sacrés, étaient représentés en habit long ecclésiastique ; à la place de la crosse, ils tenaient devant la poitrine, et avec les deux mains, le livre sacré des Evangiles, semblable à celui que le diacre portait dans les processions, orné par conséquent de la figure des saints de cathédrale, que les archevêques faisaient toujours sculpter au dessous de leur crosse.

Le chapitre , partageant la souveraineté avec l'archevêque, avait d'abord pour scel la figure d'une femme couronnée de fleurs de lis, assise sur une chaise, et tenant de la main droite un sceptre surmonté d'une fleur de lis1. Bientôt après les sieurs de Saint-Just eurent pour contre-scel un lion et un griffon , et au dessus de l'écu un

' Avec ces mois : Sigillum sacrosanclœ Lugdunensis ecclesiœ.

agneau pascal, pour représenter saint Jean-Baptiste titulaire de la nouvelle église cathédrale. Ce fut la double juridiction du chapitre sur la ville de Lyon et sur les ecclésiastiques subalternes du cloître de Saint-Jusl , qui lit prendre à l'église lyonnaise le sceau et les armoiries d'un lion et d'un griffon qu'elle portait anciennement en deux écussons séparés. Quand l'archevêque Àmé de Talaru fut condamné par le roi et le parlement à rétablir sur la porte de Saint-Marcel les armoiries de France et du peuple lyonnais, qu'il en avait ôtées, comme nous le verrons dans la suite, il fit mettre sur la porte de l'archevêché les armoiries de sa famille avec la croix de l'archevêque comme marque de sa dignité; il fit accompagner en même temps ce blason de celui d'un lion addextré d'une épée à côté de l'écu , et de celui d'un griffon senestré d'une crosse. Par là il faisait connaître sa double juridiction : temporelle sur la ville de Lyon, et spirituelle sur le clergé de la même ville ; le lion représentait la première, et le griffon la seconde. A la place des dragons que plusieurs églises du royaume étalaient dans les cérémonies religieuses, le clergé souverain de Lyon avait adopté le griffon, animal métis qui lient du lion et de l'aigle1,

1 M. Carrant! , archiviste de la ville , dont nous nous plaisons à reconnaître ici 1'eitréme obligeance , et qui nous a été très utile par ses connaissances en antiquités du moyen âge, pense que l'aigle qui se vo\ ;iit dans les armoiries de l'archevêché rappelait l'aigle de saint Jean ; cette opinion serait vraie si cet oiseau eût été placé dans les armoiries au

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