TROISIÈME PARTIE. 7h
de Forez. Les domaines de l'église se trouvaient enclavés entre les possessions des seigneurs de Beaujeu et des princes de Savoie, et servaient journellement de champ'de bataille aux dissensions <!<■ ces petits souverains. Les sires de Beaujeu possédaient le château de Miribel, dont les terres s'étendaient jusqu'aux Terreaux de Lyon. Le cliàleau , bâti à la sommité d'une colline , se distinguait par une situation avantageuse ; l'art y avait encore ajouté toutes les ressources imaginables pour en faire une forteresse de premier ordre. Le village, à mi-coteau, était entouré d'épaisses murailles qui, se réunissant au donjon, en rendaient l'approche à peu près impossible. I ne petite église sous l'invocation de saint George , placée à côté du rempart et surmontée d'une tour qui servait de clocher, augmentait la sécurité des habitans en leur offrant un asyle contre les agressions. A quelque distance du château , plus à l'est, une motte de terre appelée le Chatelard, revêtue d'ouvrages considérables, venait compléter cet admirable système de fortifications : aussi fut-il dès lors nommé ouvrage merveilleux '. On prétend même que les possesseurs de ce formidable château avaient fait construire pour sa défense et son approvisionnement , des chemins couverts jusqu'à Lyon, et que les restes des voûtes que l'on remarque sur la rive droite du Rhône en sont des vestiges évidens.
1 Afiruni bellum.
7,j HISTOIRE DE LYON.
La terre de Miribel était possédée au douzième siècle, en toute souveraineté, par les comtes de Châlons. [ ne héritière de ces comtes la porta à son époux i Irich, seigneur de Baugé' et de Bresse. Gui de Baugé, leur fils, marian! Marguerite sa filleà Humbert de Beaujeu , connétable de France, lui constitua en dot une somme de mille livres fortes et la ville de Miribel avec toutes ses appartenances. Dès lors les sires de Beaujeu, déjà très opulens, acquirent par cette alliance de superbes domaines; ils se trouvèrent ainsi plus en contact avec les archevêques de Lyon , les dauphins de Vienne, et les comtes de Savoie. Des difficultés survinrent entre eux, et lorsque les movens de pacification étaient sans effet , il fallait bien recourir aux armes. Ce fut principalement durant les dissensions qui eurent lieu enlre les citovens de Lyon et le clergé, que les sires de Beaujeu étendirent leurs propriétés jusque sous les murs de la ville, et voulurent empiéter sur les droits mêmes des archevêques.
Gui, seigneur de Saint-Trivier en Dombes , fit par exemple bâtir le cbàteau de Êeauregard sur la Saône; il en adressa l'hommage à Guicbard, seigneur de Beaujeu. Henri de Villars, prélat, s'en offensa , parce qu'il prétendait que ce château «tait construit dans le fief de l'église de Lvon. L'animositë devint grande de part et d'autre. L'ar-
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