TROISIÈME PARTIE
saient nos contrées aux courses et aux violences (1rs vassaux de l'église, le chapitre de Lyon créa des baillis pour être gardiateurs de ses terres et de ses châteaux. Quelquefois les seigneurs remplissaient les fonctions de baillis : c'est ainsi que ( vuigue iv ', comte de Forez , neveu de l'archevêque Renaud, reconnut qu'il ne prétendait sur la ville de Saint-Rambert, dépendante de l'ile Barbe, que le seul droit de garde taxé à la somme de trente sous , « pour raison de quoi il reconnaît et confesse «devoir toi cl lu >n mum< aux abbés de l'île». De la même manière, Charles i, comte d'Anjou et marquis de Provence, prenait sous sa protection et gardait les terres de l'abbaye de l'île Barbe situées en Provence, « pour une émine rase d'avoine » de tous les habitans des châteaux de Lens, de Saint-May, de Remusat, du prieuré et monastère d'Alamon. L'archevêque de Lyon Robert2 fit un accord entre l'abbé d'Ainai et l'abbé de l'île Barbe, sur les droits de garde de la terre de Cuires, qui commence à l'extrémité du faubourg de La Croix- Rousse; l'abbé de l'île Barbe remit à celui d'Ainai tous les droits qu'il pouvait avoir sur cette terre. Cinquante ans après, Humbert, seigneur de Montluel, qui en était l'avoué ou le gardiateur, y vint pour recevoir l'hospitalité et l'aubaine qui lui étaient dues pour sa garde. Il arriva le soir de la Saint-Vincent, et y passa la nuit. Mais il voulut v
' En 1224.
* En 1254.
diner le lendemain. Bien mal lui en pril ; car Etienne de \ arènes, procureur de l'abbé, y fui envoyé pour protester contre le seigneur de Monlluel, cl lui signifier qu'il ne devait point manger en ce lieu le lendemain du soir où il avait été reçu. Le seigneur bailli en convint, et dit publiquement, en présence de sa suite, or qu'il n'avait a droit de gîte et de repue en ce lieu que pour « une nuit seulement, et que c'était à ses frais (f qu'il y avait dîné ».
Les autres châtelains des terres de lYglise étaient chevaliers et damoiseaux. Lorsque les souverains de France régnèrent sur nos contrées , celte fonction devint moins honorable et moins importante : ce ne fut plus que des châtellenies ou capitaineries.
Mais dans le treizième siècle, le chapitre et les archevêques de Lyon étaient trop jaloux de leur autorité pour donner une grande puissance à leurs châtelains. Ces fonctionnaires n'exerçaient aucun droit de supériorité à l'égard du temporel. L'église était franche et libre de toute espèce de sujétion ; bien loin de là, elle commandait. En temps de guene, on la voyait convoquer les petits seigneurs pour la garde de ses châteaux , et leur donner une solde comme à des guerriers ou gens d'armes mercenaires; et même, à une époque plus rapprochée de nous1, on remarque qu'Humbert
« En 1365.