‹ Histoire de LyonChapitre 36 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. SI · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. SI

d'Albon , seigneur de Pollionay, fut fait simple capitaine de Cozon et dWlbigny par le chapitre. Guillaume deChalaniont reçut' du même chapitre une somme annuelle de deux cents florins, dont cent pour la commission de bailli des terres, et cent pour la charge de courrier qu'il exerçait. On trouve aussi dans les actes capitulaires qu'après la bataille de Poitiers, où le roi Jean fut fait prisonnier par les Anglais, une troupe de soldats débandés exerçaient d'épouvantables ravages dans le royaume, sous un chef qui les commandait, nommé Badafol : l'église de Lyon , avec ses trésors, paya un grand nombre de seigneurs pour être baillis et gardiateurs de ses domaines, avec promesse d'une obéissance parfaite. Les mêmes trésors la garantirent , lorsque les maraudeurs appelés tard-venus, se rendirent maîtres des villes d'Anse et de Brignais, qu'ils pillèrent.

La puissance temporelle de l'église de Lyon était en effet d'autant plus grande, que ses prélats et son chapitre étaient non seulement souverains de la cité, mais encore possesseurs d'un très grand nombre de terres du Lyonnais, du Dauphiné, du pays de Dombes, de Bresse, du Bugey, du Beaujolais , du Forez , et même du Vivarais : ils recevaient par conséquent foi et hommage de plusieurs princes et d'un très grand nombre de seigneurs. Nous possédons une infinité de preuves

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de la juridiction temporelle que nos archevêques exerçaient dans la Bresse , la [tombes et le Bugey. Renaud de Dortans ayant fait bâtir la grosse tour qui se voyait encore naguère au château de Dortans , Humbert, sire de Thoires et de Villars, entreprit de la faire démolir : il prétendait que Renaud de Dortans n'avait pu la construire ni fortifier son manoir sans sa permission, «attendu « qu'il avait justice haute, moyenne et basse sur « le château de Dortans ». Renaud soutenait, au contraire, qu'encore que le sire de Villars eût la justice sur Dortans, néanmoins il avait pu faire construire ladite tour sans lui en demander permission , puisqu'il tenait le château en fief de l'abbé et seigneur de Saint-Claude. Guillaume, archevêque et comte de Lyon , prononça dans son château de Pierre-Scise ' en faveur de Renaud, et déclara qu'il avait pu faire construire la tour dont il s'agissait, sans la licence du sire de Thoires et de Villars; qu'il pouvait encore l'élever si bon lui semblait, faire des fossés autour de son manoir, et s'en servir pour soutenir la guerre contre ses ennemis. Un simple médiateur aurait pu terminer leurs différens à l'amiable, mais n'aurait pu permettre au seigneur de Dortans d'élever sa tour, de creuser ses fossés, de guerroyer enfin, s'il n'avait été véritablement souverain.

En vertu de sa supériorité, l'église de Lyon,

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