TROISIÈME PARTIE
maîtresse d'un grand nombre de domaines, dont plusieurs , il est vrai, étaient en friches, comptait donc avec satisfaction , au milieu de ses feudataires, les princes les plus puissans des contrées voisines. Ses immenses richesses lui permettaient d'acquérir tous les jours de nouvelles terres , et par conséquent d'étendre sa suzeraineté. Mais il ne faut pas croire que les campagnes fussent alors belles, riantes, cultivées comme nous les voyons dans les temps modernes : la sueur des esclaves attachés à la glèbe n'a jamais fertilisé les sillons; la liberté, au contraire, et surtout la division de vastes domaines en petites propriétés, rendent productifs les rochers les plus arides. Cette expérience du passé, et l'exemple du présent, de- \ raient éclairer les législateurs, et, de la même manière qu'on empêche de construire des maisons trop hautes pour ne point rendre les rues insalubres, on devrait mettre des bornes aux grandes propriétés, pour continuer à notre belle patrie son heureuse fécondité. Mais revenons : l'église de Lyon faisait donc tous les jours de nouvelles acquisitions ; en voici quelques preuves. Saint-Svmphorien-le-Château et son mandement dépendaient d'abord du ressort des comtes de Forez ; bientôt après ils firent partie des objets donnés en échange1 par ces princes au chapitre, suivant l'acte de traité intervenu entre eux, et
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que nous avons rapporté; Gilbert de Saint-Symphorien , chevalier, qui avait déjà soumis au chapitre sa portion du château et de la terre environnante, moyennant une somme de mille sous viennois, lui remit1 à tout jamais les mêmes droits pour la somme de cent vingt livres, monnaie de Lyon , outre et pardessus les mille sous payés. Une partie de la Bresse et de la Dombes était devenue, dans le même temps, le patrimoine des sires de Bagé , et l'autre partie la plus rapprochée de Lyon , des sires de Villars \ Etienne n , sire de Villars, se voua à la défense de l'église de Lyon, et se déclara son vassal. Humbert, l'un de ses successeurs, s exonéra de l'hommage imposé à son fief, en cédant en propriété à l'église quelques-unes des terres qu'il possédait aux environs de Lyon, sur la rive gauche de la Saône; il reçut en retour le titre de chanoine d'honneur, titre qui demeura affecté à perpétuité aux possesseurs de la terre de Villars. Les terres cédées à l'église par cet acte, furent celles de Cuires, La Croix- Rousse, le tiers de la commune de Caluire, une partie de Fleurieu , de Genay, et le hameau de Bernoud. L'église accrut encore dans la suite le nombre de ces domaines par d'autres acquisitions, et ainsi se forma le petit pays appelé avant la révolution le Franc- Lyonnais , connu égale-
i En 1207.
* En 11,50.