TROISIÈME PARTIE
ment sous le nom de terres de V église. Nous ne finirions pas si nous voulions énumérer toutes les propriétés que le chapitre acheta et réunit aux fiefs que les souverains superstitieux lui avaient donnés. m
On conçoit cet empressement à entasser en quelque sorte domaines sur domaines, quand on pense aux hommages qui y étaient attachés, et qui flattaient l'amour- propre des chanoines. 11 suffit de nommer les principaux seigneurs qui se reconnaissaient leurs vassaux. A la fin du treizième siècle1, Guichard, seigneur de Beaujeu, rendit hommage à l'archevêque Henri de Villars, à la manière dont ses prédécesseurs l'avaient rendu : il promit fidélité, mettant ses mains jointes entre les mains de l'archevêque qui les ferma, et le baisa, selon l'usage accoutumé, en présence du doyen, de l'archidiacre, du chamarier, du custode, du prévôt de Fourvières , de plusieurs autres chanoines, et de quelques seigneurs appelés pour être témoins de cette cérémonie. La même année, Jean de Villars, chamarier, reçut, tant en son nom qu'au nom du chapitre, l'hommage de Guichard de Marzeu de Flachères, pour la maison forte de Flachères. Peu de tems après % Henri, seigneur de Montagny, dame Simone de Lissieu3, veuve de Thomas de Gléteins, héritière
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du fief de Poleymieu, et Guichard de Montagny, damoiseau ', rendirent aussi hommage aux chanoines de la cathédrale. Les dauphins de Vienne étaient feudataires de l'église de Lyon pour les villes d'Annonay et d'Argental , dont ils rendirent hommage1 après une transaction passée avec le chapitre, qui , en faveur de cette déférence, les reçut chanoines d'honneur. Les ducs de Bour-
gogne étaient dans le même cas : Eudes ni prêta serment de fidélité à l'archevêque pour la terre de Pomars auprès de Baune; et Alix de Vergy, duchesse de Bourgogne3, après la mort de son époux, se reconnut vassale du même archevêque. Ces fiefs cédés et les conditions qui en étaient inséparables rendaient l'église de Lyon très puissante : elle pouvait compter ainsi entre ses vassaux des chevaliers , des damoiseaux , des seigneurs et des gentilshommes obligés de la défendre. Ces derniers étaient encore portés à prendre les armes pour elle par d'autres motifs : ils avaient la plupart des parens dans le chapitre : c'étaient leurs frères, leurs oncles, leurs neveux, leurs cousins. Tous ces feudataires des chanoines , de quelque condition qu'ils fussent, à raison de l'hommage qu'ils devaient aux seigneurs tonsurés dont ils relevaient, étaient appelés leurs hommes, leurs (idèles, leurs liges et leurs dévots : hommes, l\
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