TROISIÈME PARTIE
cause du terme latin1 qui exprimait le mot hommage; fidèles, à cause du serment de fidélité; liges, parce qu'ils étaient liés à ceux dont ils tenaient le fief, et dévots ou dévoués, par l'obligation qui leur était imposée de servir les seigneurs suzerains en temps de guerre. Par là, on peut comprendre la situation assez agréable de l'église de Lyon durant la féodalité, elle qui comptait les ducs de Bourgogne, les dauphins de Vienne, les comtes de Savoie, ceux de Forez, les princes de Dombes, les sires de Beaujeu, les sires de Aillais, et plus de deux cents gentilshommes de nom et d'arme parmi ses vassaux.
Cependant il existait des modifications dans la nature des fiefs, qu'il ne faut point passer sous silence. Les obligations étaient le plus souvent réciproques : ceux qui étaient souverains indépendans en quelques-unes de leurs terres, étaient parfois feudataires d'autres seigneurs pour des fiefs qui en relevaient. Les archevêques de Lyon eux-mêmes ont été nommés dans plusieurs actes du roi Philippe-Auguste et de ses successeurs, « nos fidèles chéris » , à raison des régales de l'évêché d'Autun et de l'abbaye de Savigny, et pour quelques terres dépendantes de la couronne de France : ils n'en avaient pas moins une indépendance que l'on nommait supériorité ou ressorl total. L*église de Lyon n'était donc réellement
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vassale que pour les régales, chose importante à observer, puisque celle \assalité causa des troubles qui eurent des suites remarquables, et qu'elle fut en quelque sorte une des premières brèches de la domination ecclésiastique à travers laquelle les rois de France arrivèrent jusqu'à la cité.
On ne trouve dans l'histoire des faits positifs qui concernent les régales, qu'au temps de Philippe-Auguste. Ce monarque, après la mort d'Etienne, évêque d'Autun, s'empara de la régale de cet évêché. Alors le prélat de Lyon , Jean de Bellesmes, à qui l'empereur Frédéric Barberousse avait confirmé les droits de régale de l'église d'Autun cédés à Héraclius de Montboissier, alla à Paris pour se plaindre au roi de ce qu'il avait usurpé une administration qui appartenait à l'archevêque lyonnais en qualité de métropolitain. Philippe- Auguste s'excusa d'avoir méconnu ses droits, et fit remettre la régale entre les mains épiscopales de Bellesmes; mais parce que l'évêque d'Autun était vassal du roi de France, Philippe-Auguste exigea de Bellesmes le serment de fidélité pour cette administration. Voici l'acte déposé aux archives:
« Philippe , par la grâce de Dieu , roi des Fran- « çais, sachent tous présens et à venir qu'ayant « appris par le témoignage de gens dignes de foi, « que dans toutes les circonstances où l'église « d'Autun vient à vaquer, c'est le droit de l'église « de Lyon que son archevêque mette en sa main « les droits de légale qui sont à nous, et tous