TROISIÈME PARTIE
distingués qui passaient à Lyon, jusqu'au moment où le rusé et défiant Louis xi se l'appropria sans Tacheter; il l'emprunta en quelque sorte, et les prélats conservèrent encore des droits de châtellenie sur cette antique portion de leur domaine. Louis xi donnait de l'or aux chapelles , mais il se méfiait des prélats trop puissans. Odile des Estoyés, alors gouverneur de Pierre-Scise et officier de l'archevêque, avait été de la ligue du Bien-Public; François Roger, bailli de Mâcon, reçut la commission royale de le destituer1. Depuis, les souverains de France n'ont point cédé ce château fort. Les prélats habitèrent le palais près de la cathédrale, séjour tout aussi riant et beaucoup moins escarpé. Bientôt après Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, logea à Pierre-Scise comme prisonnier d'état \ Il était accusé d'avoir voulu attenter à la liberté du roi; le sire de Beaujeu fut chargé de l'arrêter; de Pierre-Scise il fut conduit à la Bastille3, et sa tête roula sur un échafaud4. Sous le règne de Louis xn, si justement appelé le Père du peuple, les citoyens ne gémirent point dans la tour de Pierre-Scise : des étrangers seuls y furent renfermés. Le roi fit conduire dans ce
déterminés à faire apporter de ce château quantité de lettres et de titres relatifs, soit au siège archiépiscopal , soit à l'église. » M. Cochard , Notice historique sur le château de Pierre-Scise.
i En 1468.
' En 1475.
5 En 1476.
4 En 1477.
château Louis Sforce, duc de Milan, et son frère le cardinal Ascagne, finis prisonniers après la bataille de Novare'. Ils n'y séjournèrent que quinze jouis. Les ambassadeurs de Maximilien y furenl renfermés après eux*, parce que leur maître délenail le chapelain du cardinal d'Ainboise. Les lettres de cachet, les détentions arbitraires recommencèrent sous François i. Henri-Corneille Agrippa avait publié un libelle contre Louise de Savoie : on l'envoya dans le château de Pierre- Scise réfléchir sur la vanité des sciences humaines et sur la philosophie occulte, sujets de deux ouvrages qui l'ont rendu célèbre. Pendant les guerres de religion, la fortune se plut à renfermer alternativement dans le même château les huguenots et les papistes. Le baron des Adrets y soumit à une pénitence sévère le capitaine Fenouil ; mais celui-ci devenu commandant de ce fort, eut à son tour la garde de des Adrets3 ; il lui rendit en bon catholique les rigueurs qu'il en avait éprouvées. A la même époque, des assassinats, des meurtres, des vengeances particulières souillèrent les murs de cette prison d'état4. Les ligueurs lyonnais y
• En 1500.
* En 1507.
3 Arrêté en 1572 par te baron de Gordes , gouverneur du Daupbiné.
4 « Le 23 juillet ir>(J8, le gouverneur invite à dîner plusieurs des capitaines qui commandaient à Lyon, principalement Pierre de Lotour et Lacombe-Bouthilier. Sur la fin du dîné, Jean de Guillens, conseiller au présidial et auditeur de camp , arrive , et remet au commandant l'ordre de retenir prisonnier LatouT ft Lacombe. Dans la nuit . I«i président «I<*