‹ Histoire de LyonChapitre 5 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. tf · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. tf

renfermèrent aussi leurs victimes '. On conçoit facilement que sous le ministère du cardinal de Richelieu, ce donjon de Pierre-Scise ne fut pas inutile ; Louis \m en fit d'abord une propriété royale*; ensuite, à la fin du règne de son ministre \ indicatif, le grand écuyer Cinq-Mars cl son discret ami de Thou y méditèrent sur la mort quelques minutes ayant leur supplice sur la place des Terreaux 3. Le duc de Bouillon ,

Biragues , gouverneur de la ville , se porle dans le donjon accompagné Suisses de sa garde , et fait poignarder en sa présence les deuv prisonniers. Huit autres personnes furent étranglées cette même nuit. » Poi i un de Li mina, Abrégé chronologique , page 202. ( Voyez dans notre ouvrage les Chroniques lyonnaises du temps de la réforme et de la ligue , cinquième et sixième partie.)

1 « Antoine de Grollier de Serviéres et Imbcrt de Grollier furent de ce nombre ; ils y demeurèrent depuis le 24 février 1589 jusqu'au mois de juin de la même année. Ils en sortirent par l'adresse d'un valet nommé Soulette, et à L'aide de cordons de soie que Marie Camus , femme d'Antoine Grollier, avait portés sous son vertugadin. Ils descendirent le long des murs de la forteresse , sortirent de la ville , et allèrent défendre les droits de Henri îv. Quatre ans après , le duc de Nemours fut prisonnier dans ce même château dont il s'était emparé par ruse. » Cochard, Notice sur le château de Pierre-Scise ; Almanach historique et anecdotique. {Voyez dans notre ouvrage Yllist. des ligueurs lyonnais.)

■ «Lu arrêt du conseil d'état (27 janvier 1625) en fixa la valeur à cent mille francs payables par voie d'impositions sur tous les contribuables de la généralité. La moitié de cette somme fut employée à relrairc la terre de Chasselay, précédemment engagée, et à faire quelques réparations .1 l'hôtel d>' Lyon à Paris. Le surplus fut dans la suite versé entre les mains de l'archevêque de Neuville , pour terminer les réparations du palais archiépiscopal.» D'IIkrp.k.ny, gouvernement de Lyon, manuscrits de la Bibliothèque , n" 1409, et de la petite Bibliothèque des Archives municipales, premiev rayon.

5 Dans l'année Io' '»2.

compromis dans la même affaire, y fut aussi renfermé. Une intrigue de cour et un fils dénaturé' rendirent sous le règne suivant le château de Pierre-Scise témoin des scènes les plus scandaleuses : pendant quatre ans un maréchal de France, Philippe de La Mothe-Houdancourt, qui avait bien mérité de la patrie, y fut privé de sa liberté. Le comte de Goesbriant y fut incarcéré au commencement du dix-huitième siècle2; François-Christophe - Honoré de Klinglin , préteur royal de Strasbourg, y fut aussi détenu3. Par une bizarrerie qui ne se remarque que sous les gou-

1 Philippe de La Mothe-Houdancourt fut conduit à Pierre-Scise le 28 décembre 1644 ; interrogé seulement en 1647, il ne sortit de prison qu'en I 648.

* Dans une requête qu'il présenta au roi en 171 7, il imputait à son fils de l'avoir fait languir durant plusieurs années dans diverses prisons, et d'avoir même payé des détenus pour espionner sa conduite. — Le 26 mai 1705, cinq prisonniers détenus à Pierre-Scise , exaspérés par les traitemens rigoureux qu'on leur faisait subir, poignardent les soldats chargés de leur garde , pénétrent dans la chambre du gouverneur appelé Manville , lieutenant- colonel du régiment Lyonnais, le tuent et recouvrent leur liberté.

3 Ce préleur royal , accusé de concussion et d'abus de pouvoir dans l'exercice de sa place , est arrêté et conduit à Grenoble ; le parlement de Dauphiné , auquel la connaissance de cette affaire avait été attribuée , le décharge après une longue procédure des accusations portées contre lui. Le gouvernement , au lieu de le rendre à la liberté , le fait extraire en 1753 de l'arcenal de Grenoble où il était incarcéré , pour le renfermer à Pierre-Scise. Ce ne fut que quatre années après qu'on lui donna la ville pour prison. Il est mort en 1775 au village de Bron , dans un état voisin de la misère. M. Cochard , dans une Note sur le village de Saint- AI km (Archives du Rhône), raconte d'une manière très intéressante nie entrevue qu'il eut avec cet homme malheureux.

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