TROISIÈME PARTIE
chapitre. Le beffroi, ou cloche d'alarme, riait d'abord sur Tune d'elles, et fut ensuite placé dans le clocher de Saint-Nizier. Au treizième siècle, pendant la nuit seulement, les chanoines étaient maîtres de cette cloche pour sonner le couvre-feu. Une chapelle, ou troisième forteresse', s'élevait au milieu du pont, sur son coté septentrional. Dans la suite, on la fit démolir et remplacer par un joli morceau d'architecture qui ,
eouft , qui venait prendre possession du Lyonnais. « Outre l'épée que « le lion tient à la pâte droite , il a un serpent autour du cou , et on lit « au dessous celte inscription : fortitudine et prudentiâ. » — Des lettres patentes de Louis xviii, datées de Paris le 27 février 1 819 , ont autorisé la ville de Lyon , sur la demande de son maire , M. Rambaud , à ajouter à ses armoiries « une épée haute d'argent dans la pale dextre « du lion», pour rappeler sans doute le courage que celte cité a fait éclater lors de son mémorable siège en 1793. — L'aigle et le lion figurent avec le plus de noblesse dans les armoiries. Le lion a été employé constamment , chez tous les peuples anciens et modernes, comme emblème de la vertu , de la force , du courage , de la vigilance , et de la supériorité. Dans une foule de compositions allégoriques de tout genre , dues à la plume , au ciseau , au burin , au pinceau , etc. , les artistes et les écrivains ont toujours fait usage du lion pour désigner notre ville, (Archives du Rhône.)— On trouve dans Clément Marot les vers suivans ;
On dira ce que l'on vouldra Du lyon et sa cruauté :
Tousjours, où le sens me fauldra , J'estimeray sa privauté :
J'ay trouvé plus d'iionnestcté Et de noblesse en ce lyon Que n'ay pour avoir fréquenté D'aultres hcstes un million ,
Adieu Lyon qui ne mords point > Lyon plus doux que cent pucelles , Sinon quand l'ennemi te poind :
i Quelque! historiens disent qu'il n'ekistait qu'une seule iomt au milieu du pont de Saône.
suivant quelques-uns, orne aujourd'hui une fontaine du Chemin-Neuf. Espérons que les autorités feront transporter ailleurs le dépôt des secours1 pour les noyés, qui se trouve à présent au milieu du pont, et que le bel emplacement qu'il occupe au centre d'un bassin magnifique, sera orné de quelque monument national1: le lion de la cité et la statue du roi législateur qui nous a fourni les moyens de recouvrer nos antiques franchises municipales en nous donnant la charte, y seraient merveilleusement placés. Tout ce qui peut réveiller l'amour de la patrie devrait être exposé aux regards, dans des sites aussi ravissans.
A l'est du Pont-de-Pierre, on trouvait les huttes des bourgeois. Suivant la coutume de ces temps reculés, on construisait à côté des églises dans les premiers siècles du christianisme , pour se rapprocher de la crypte des martyrs , et à l'époque de la féodalité, pour se mettre à l'abri des tyrannies seigneuriales. Il est bien fâcheux que les prêtres aient oublié que la religion a protégé la liberté5; ils seraient bénis par tous les humains, si leur mémoire était bonne. Il n'y a pas encore très long-temps que c'était la coutume d'entasser
» C'est plutôt une espèce de corps-de-garde sans utilité.
* Quand la ville ne sera plus endettée par de folles dépenses dont nous parlerons dans la suite , parce que les détails du budget d'une grande ville entrent nécessairement dans notre cadre historique.
3 Les prêtres n'ont favorisé la liberté des peuples que lorsqu'elle a été utile à leur ambition {Voyez toute notre Histoire de Lyon à l'époque de la ligue).