TROISIÈME PARTIE
les populations autour des églises, comme vers leurasyle naturelles fidèles enterraient les morts dans le sanctuaire ou dans le cimetière place ordinairement près de l'abside de la chapelle.
On conçoit qu'au treizième siècle, les huttes étaient réunies sans ordre, sans le moindre alignement. L'église de Saint-Nizier était entourée d'un grand nombre de cabanes qui ne méritaient pas le nom de maisons : les rues sales , noires , tortueuses , telles que les deux rues Mercière , la petite et la grande rue Longue', qui se trouvent de nos jours dans son voisinage, semblent avoir été tracées et leurs maisons construites durant les siècles de féodalité a.
« En effet , observe Poullin de Lumina , bien « qu'avec le temps les maisons des citoyens lyon- « nais fussent éparses sur tout le terrain où la « ville est actuellement située, il s'en fallait bien
» « Dans la rue Mulet sont hébergés les muletiers de Provence , qui « viennent en foule à la foire des Merveilles , et à côté est la rue de « Bat-d' Argent , où sont établis les bâtiers de la ville. Prés de là est la " place du Plâtre , où, sous des tentes de verdure, on danse chaque « année à la fête de la Pentecôte, à la suite de deux processions votées « en l'honneur de la réunion des églises grecque et latine, opérée. dans « le deuxième concile de Lyon , en 1274; le bal dans la feuillée fait si « bien partie de ..ette cérémonie religieuse , qu'il doit être ouvert par « le curé de la paroisse et l'abbesse de Saint-Pierre. » Marchangy, Tristan le Voyageur.
* y^yez tout ce qui concerne l'église de Saint-Nizier, les époques diverses de sa construction , les noms de ses fondateurs, les réglemens de la fabrique, etc., dans X Inventaire général des archives municipales, torn. \i\, p rj. I ii/ .
« qu'elle renfermât dans ses murs la quantité « immense de bàlimens magnifiques, publies et « particuliers, qui la rendent une des plus consi- « dérables et des plus belles villes de l'Europe, « quoique peut-être la plus malpropre. Celait « un amas de cahuttes basses, ou de maisons ce construites avec de la terre et du bois, couce vertes de chaume, semées pêle-mêle, et qui « laissaient à peine entre elles assez d'espace « pour former des rues et permettre une libre « communication. Eh quelles rues! N'étant point ce pavées et n'ayant d'autre pente que celle du ce terrain, elles devaient être remplies de boue et ce des immondices qu'on y jetait. Telle est l'idée ce que nous devons nous former de nos villes, dece puis que celles qu'avaient bâties les Romains <e avec plus de magnificence et plus de commocc dites que les nôtres , eurent été détruites par ce les barbares, ou abandonnées sous le gouverec nement féodal. Pendant la durée de celui-ci, ce les seigneurs se cantonnant dans leurs manoirs , ce attirèrent autour d'eux des serfs et des vascc saux, et ne laissèrent dans l'enceinte des villes ce ruinées que des artisans sans émulation et ce sans industrie, qu'ils pillaient le plus souvent. ce Courbés sous le joug de la tyrannie, les bourec geois pouvaient-ils songer à se construire des ce habitations commodes? Un rez - de - chaussée ce pour vendre leurs marchandises , un premier « étage pour se coucher, et une plate-forme avec