‹ Histoire de LyonChapitre 46 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

■ une tour pour se défendre, voilà quel était leur

logis

L'enceinte de la ville de Lyon était bornée, au nord, par un canal de communication du Rhône à la Saône, canal qui sortait du fleuve à l'endroit même où commence actuellement le quai Saint- Clair, et traversant ce que nous appelons la place des Terreaux, venait aboutir à la Saône au port de la Feuillée. C'est sur ce canal comblé qu'on a bâti depuis2 le superbe Hôtel-de-Ville que nous y voyons. Elle était bornée au levant par le Rhône jusqu'au pont de La Guillotière; au couchant, par la Saône et la ville des chanoines , et au midi, par un grand terrain bas et inculte qu'on a depuis appelé Bellecour, et sur lequel on a construit, au commencement du dix-huitième siècle , une des plus belles places de l'Europe, connue sous le nom de place de Louis-le-Grand3. L'emplacement qu'occupe aujourd'hui la rue Chalamont, était jadis celui d'une partie des murailles méri-

' Réflexions tirées en partie de Poullin de Lumina.

» En 1617.

5 L'histoire de la place de Bellecour se compose de plusieurs articles très intéressans qui demanderaient un volume entier pour être dévelop- On trouve dans V Inventaire général des archives municipales r toen. xv, tmii ce qui concerne, 1° la rente noble de Bellecour ; 2° les titres des acquisitions laites par le consulat pour agrandir celte plaee ; 3° le plan de Bellecour en lbIB ; 4° les différentes contestations avec les Cétestins, avec la daim- Manant , les héritiers du sieur Béraud, etc. ; 5° les décorations de la place , bas-reliefs, statue équestre de Louis xiv, etc. ; 6° la construction de dix maisons uniformes ; 7° la machine hydraulique qui entretenait les jets d'eau ; etc.

dionales de notre ville. Ces murailles formaient une ligne qui partait du Rhône, près du collège de la Trinité, suivait la rue Dubois, et venait se terminer vers la Saône à un portail dont on voyait encore des restes dans la rue Chalamont, du temps de Rubys. Tout l'espace compris entre cette muraille et le confluent n'était qu'une campagne où il y avait quelques habitations isolées. Cette campagne s'appelait le Plat, et contenait un emplacement considérable près de Bellecour, sur lequel ont été ouvertes les rues du Pérat , du Plat, Sala, Sainte -Hélène, et autres. Le nom du Plat est une corruption de celui de Plan d'Ainai, donné aux prairies qui existaient entre le tellement de Bellecour et l'enclos de l'abbaye d'Àinai. Au côté opposé se trouvait la colline de Saint- Sébastien , avec les terrains vagues et les vignes de la Déserte1, les rocs de Saint -Benoit, les fossés et les murailles de Saint -Marcel, qui se prolongeaient le long de la rue qui porte ce nom , et se liaient avec les fortifications du griffon. Deux

1 On trouve clans les archives municipales qu'après Pâques 1296, tente fut faite à dame Blanche Je Chàlons , par Jean Malen , citoyen de Lyon , de la maison située près du portail neuf appelé la Déserte ; plus, d'une vigne au delà de la porte de Saint-Paul, de l'autre côté de Saône. On irouve encore une donation , par forme de fondation faite aux abbeatea et religieuses du couvent de la Déserte , par dame Blanche de Chàlons et de Belleville , du lieu appelé la Déserte , des maisons et possessions qu'elle y avait , soit vignes , rentes, servis et droits qu'elle avait sur les maisons situées rues de l'Ilerherie et Écorchebcruf , en date de janvier 130i. La dame Blanche avait son domicile dans le couvent, comme Fondatrice.

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