‹ Histoire de LyonChapitre 47 sur 223 · TROISIÈME PARTI E · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTI E

portes et des tours existaient en eet endroit, pour défendre les magasins des bourgeois contre les brigandages des seigneurs. Enfin, la colline de Saint-Sébastien se terminait au levant par un coteau assez escarpé, près de Saint-Clair, nom tiré dune ancienne chapelle dédiée à saint Clair, qui se trouvait à gauche au bas de l'escalier conduisant à la rue des Fantasques, et à côté de laquelle il y avait autrefois une recluserie. Le quai , tel que nous le voyons, n'existe que depuis le milieu du dernier siècle : le Rhône en couvrait tout remplacement.

Ce fleuve coulait en effet le long des murs qui entourent le clos du séminaire de Saint - Irénée, et baignait le bas de la terrasse des Feuillans. Dans ses fréquentes inondations, avant qu'on lui eût imposé pour digue une longue ligne de quais, le Rhône passait très souvent à travers la ville. Il existe une chaîne de roches primitives, comme nous l'avons fait observer, qui forme une grande partie de la colline du confluent, et dont la base trace au pied de cette éminence une ligne irrégulièrement circulaire, qui de Saint-Clair passe au delà de Saint -Nizier, et va se terminer aux roches sur lesquelles le Pont-de-Pierre de la Saône est fondé. La pente du Rhône à la Saône, dans cette partie, est de trois pieds au moins; au delà de cette ligne de rochers, tout est sable et gravier jusqu'à une certaine profondeur : d'où l'on peut conclure que le Rhône ou un bras de ce

fleuve a dû pendant long-temps se frayer une route le long des rochers. La disposition du site le démontre : les rues qui suivent la ligne que nous venons de tracer, depuis la rue Basse-\ ille jusqu'à la rue \lort-qui-Trompe, sont plus basses que les rues adjacentes, malgré tout ce qu'on ait fait pour les mettre à leur niveau. Le nom donné à quelques parues du terrain voisin de cette ligne indique qu'elles étaient souvent submergées; tel est celui de Terreaux et de Puils-Gaillot : on sait que dans le langage du peuple de Lyon , ces expressions répondent à celles de terres fangeuses, marécageuses. On se ressouvient aussi1 combien élait enfoncé au dessous du sol actuel le jardin qui dépendait de la maison commune, et sur l'emplacement duquel la salle de spectacle de Soufflot avait été construite. Enfin , outre ce premier bras du Rhône, il en existait un second au delà qui passait par la place des Jacobins, et allait se jeter dans la Saône par la rue Écorche- Bœuf , dont le sol est très enfoncé. Il existe même encore des communications sous les remblais , qui font que l'une des deux rivières gonflée par la fonte des neiges ou par les pluies, entretient presque toujours celle qui ne l'est pas5.

1 Nous parlons ici aux vieillards de quatre-vingt-dix ans qui s'y sont promenés dans leur enfance avec leurs bonnes.

a Le lit du Rhône est dans ce moment (1830) L'objet d'un travail d'encaissement , depuis le village de Vaux jusqu'à Perraclie , travail sur lequel nous Gxerons notre attention à la fia de cet ouvrage , quand nous ferons l'histoire de ï-\on dans les temps modernes.

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