‹ Histoire de LyonChapitre 48 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Toutefois, d'après la disposition seule des localités, on voit que la population lyonnaise du moyen âge était réunie entre le canal des Terreaux et l'église de Saint -Nizier. Chose remarquable, les premières délibérations de la commune eurent lieu dans une chapelle voisine de cette église; or, nous savons que saint Pothin prêcha au même endroit, dans un bois touffu, la doctrine de l'Évangile. La religion et la liberté devaient avoir le même berceau ! mais l'une et l'autre, en grandissant, ont reçu de la main des hommes une physionomie bien différente : ils ont altéré la beauté évangélique de la première , et tout fait croire que la seconde brillera désormais d'un éclat éternel et pur. Sous ce rapport religieux et politique, le quartier des Terreaux est donc le plus ancien, le plus noble, le plus respectable. C'était une belle idée du général Martin que de l'illustrer encore par un acte de bienfaisance. 11 ne devrait point exister de malheureux sur la terre, à plus forte raison dans le quartier d'une ville où tout ce qui fait prospérer la cité a pris naissance. Espérons que les citoyens s'y distinguerons toujours par le travail, l'ordre et l'industrie , par leur attachement aux institutions libérales , et qu'ils ne cesseront jamais d'envoyer à la chambre des députés les plus dignes représentans de la nation.

Tout ce que les citoyens lyonnais ont montré d'héroïsme dans le seul quartier des Terreaux,

depuis les guerres de la commune jusqu'au siège de Lyon, formera un grand tableau dans notre histoire. H nous suffit d'indiquer ici quelques modifications de localité : il faut bien faire connaître le lieu de la scène pour comprendre plus tard les drames qui s'y sont passés. Le terrain n'a pas changé durant trois cents ans; mais les rois Louis xn, François Ier et Charles ix ayant successivement formé la résolution d'agrandir la ville de Lyon , de la fortifier et d'y faire construire une citadelle au dessus de la côte de Saint-Sébastien, il fallut recourir à de fréquentes impositions pour remplir ces vues; ce qui jeta la ville dans des dépenses considérables. Pour dédommager les babitans, les fossés de la Lanterne qui formaient une communication du Rbône à la Saône, leur furent accordés. Cet emplacement des fossés de la Lanterne et de leurs dépendances était très étendu ; le consulat en fit divers emplois; il en afferma ou aliéna une partie1, ce qui forma la rente noble des Terreaux; de plus, toujours dans la vue de l'utilité publique, le consulat fit construire sur une autre partie de cet emplacement une grande boucherie peu dispendieuse, pensant qu'il était inutile de construire comme des forteresses des édifices publics qui pouvaient passer de mode ou être transportés ailleurs. Cependant, en bâtissant en bois, il fut

« En 15 i8.

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