TROISIÈME PARTIE
trop économe1 : après que la boucherie eut essuyé en différons temps deux incendies, le consulat la remit aux recteurs de l'hôpital de la Charité, moyennant une pension annuelle non rachetante de deux mille francs*. Au milieu du seizième siècle3, les citoyens qui avaient embrasse la religion réformée s'emparèrent d'une autre partie de l'emplacement des Terreaux, qui appartenait à la dame abbessc de Saint-Pierre, et y firent édifier un temple qui fut ensuite démoli au milieu d'une émeute populaire. C'est à peu près dans le même endroit que le consulat a fait élever à grands frais (parce qu'un pareil édifice doit durer autant que la cité), dans le dix-septième siècle, cet Hotel-de-Yille qui fait l'admiration des étrangers, et dont nous parlerons plus tard. Entin il restait encore deux portions, dont l'une fut destinée au jardin de la commune, et l'autre à la jolie place des Terreaux. Par un contrat réciproque ' passé entre le consulat et les religieuses de Saint-Pierre, ces dames se désistèrent de tout droit sur ce dernier emplacement, et consenti-
' Il est vrai que ce furent les boucliers qui construisirent en bois, car après 1.' premier incendie, le consulat leur abandonna la jouissance gratuite des boutiques pendant trois années, à condition qu'ils rebâtiraient (actes consulaires du 17 juillet 161 *). Aussi le second incendie du 13 au I » octobre 1 73 i fut terrible.
* Par acte du -juin 1735» En 1777, la totalité de la boucherie des Terreaux était louée par la Charité T2,000 fr.
3 Dans l'année V&ïl.
'i Le 24 janvier 1659.
reat à ce que la place des Terreaux demeurât publique à perpétuité, moyennant l'indemnité de vingt-quatre mille francs, qui furent employés aux réparations du beau palais que nous y voyons aujourd'hui.
Mais nous avons dit que , dans le moyen âge , c'était principalement dans le voisinage de Saint- Nizier que les bourgeois se rassemblaient : « Le « premier lieu, dit Menestrier dans son Eloge « historique de la ville de Lyon, que l'on choisit « pour les assemblées des bourgeois et des con- « seillers de la cité, fut la chapelle Saint-Jacques: « une cloche de Saint -Nizier, sonnant en forme « d'effroi ou beffroi , les y appelait tous les ans « pour l'élection ordinaire. Les noms des con- « seillers choisis étaient publiés dans l'église en « présence de tout le peuple. Il est dit expressé- « ment dans les anciens syndicats, que les mai- « très des métiers et le peuple donnaient plein « pouvoir et mandement spécial aux consuls, goûte verneurs et recteurs de la communauté de Lyon , u de s'assembler et congréger dans la chapelle de « Saint -Jacques, ou autre part si bon leur sem- « blait. C'est ainsi que les Romains faisaient leurs a assemblées dans les temples, pour les rendre « plus vénérables et plus tranquilles. Depuis, la « commune ayant acquis une maison à la Grèce nette, où l'on mit l'image d'un lion, qui est le « blason de la ville, on se servit de ce local pour « les assemblées; mais parce qu'il était trop éloi-