TROISIÈME PARTIR
« gné de Saint-Nizier , on l'échangea avec une « maison de l'archevêque qui se trouvait près de « celte église. L'ancien Hotel-de-\ ille devint l'en- « trepùl des halles et les loges de la Grenette. » Plus tard , on abandonna la maison acquise de « l'archevêque pour construire rH6tel-de-\ ille au « milieu de la Fromagerie. Les assemblées de la « commune furent encore changées et transfert rées dans une maison voisine et comme atte- « nante à Saint- Nizier. On s'y réunit jusqu'au a milieu du dix-septième siècle, où l'on quitta « définitivement ce dernier local , pour bâtir le « grand Hotel-de-V ille sur la place des Terreaux.» Tel était l'emplacement de l'ancienne ville avec quelques-uns de ses édifices du moyen âge, et les modifications qu'ils subirent pendant trois cents ans. Quand nous raconterons les événemens des temps modernes, nous verrons que les localités ont bien cbangé. Mais le pont de pierre construit sur.la Saône n'était pas le seul que l'on remarquait à Lyon dans le treizième siècle : la cité qui reprenait déjà, au milieu des croisades, une partie de sa prédominance commerciale, se trouvait sur la route que suivaient ordinairement les princes croisés de l'Angleterre , et les seigneurs du nord de la France; elle communiquait avec l'Italie, les provinces méridionales, Marseille et les autres ports de la Méditerranée, p'ar un pont de bois jeté sur le Rbône. Les passages fréquens et surtout un accident horrible qui arriva à la fin
du douzième siècle, firent sentir la nécessité d'en construire un plus solide. La fortune de Lyon y était attachée. Les prélats surent intéresser à sa construction les souverains, les papes et tous les fidèles.
Philippe -Auguste, roi de France, et Richard Cœur-de-Lion , roi d'Angleterre , qui avait pris solennellement dans le monastère de Vézelai les marques de pèlerin; Eudes, duc de Bourgogne; Philippe , comte de Flandre ; Henri , comte de Champagne; Thibaut, comte de Blois ; Etienne, comte de Sancerre; un grand nombre d'évèques et presque tous les chevaliers du royaume avaient pris la croix du Seigneur, et s'étaient mis en route avec une armée innombrable. Us arrivèrent sur le territoire de Lyon1. Ce fut à ce passage que l'adroit Philippe-Auguste confirma en faveur de Jean de Bellesmes la transaction signée par Guy, comte de Forez, et Guichard, à condition que l'archevêque lui prêterait serment de fidélité; ce que fit le prélat. L'éloignement des empereurs trop occupés des croisades et de leurs querelles avec les papes et les républiques d'Italie, engagea Bellesmes à se jeter entre les bras de la France, pour s'en faire une protection contre les comtes
1 En II 90. Matthieu Paris, Chronique. Bernard le trésorier (Continuation de Guillaume de Tjr) expose assez longuement l'expédition des deux rois ; mais Matthieu parle surtout de la chute du pont du Rhône. C.uillaumc le Breton , Vie de Philippe-Auguste. Rigord (J'ie de Philippe-Auguste) rapporte le testament du prince à son départ.