TROISIÈME PARTIE
chapelle, donnent une idée des mœurs et des usages des siècles plus OU moins reculés : il ne faut point les passer sous silence.
Dans le quatorzième siècle1, une partie du pont de La Guillotière était encore en bois; le consulat avança beaucoup ce travail , mais la chapelle où l'argent était quelquefois déposé causa de grandes discordes. Après une transaction2 passée entre les recteurs de l'Hotel-Dieu et Thomazet, curé de Saint- Michel , le bureau de l'hospice prétendit que la chapelle du Saint-Esprit était une dépendance de l'Hotel-Dieu , que par conséquent les revenus de cette chapelle lui appartenaient; qu'il était prouvé par des titres incontestables que, presque dès sa fondation3, l'archevêque de Lyon, du consentement de son chapitre, avait fait donation de cette chapelle et d'une maison appelée l'Aumônerie, joignant le pont, aux religieux qui étaient alors directeurs de l'hospice; que cette donation avait été homologuée par une bulle d'Innocent iv, de la même année, adressée au doyen de l'église de Lyon, et par deux autres adressées aux religieux mêmes , l'une du pape Urbain m4, l'autre de Clément iv5. Dans l'arrêt du conseil6 qui ordonna
« En 1383.
■ Du 19 MOI 16%.
s En [243.
4 De l'année 1265.
5 l),- l'année 1268.
,; Le S décembre I77i'.
Ili HISTOIRE DE LYON.
la démolition de la chapelle du Saint- Esprit , on voit en effet qu'elle fut construite, réparée, agrandie en même temps que le pont. Elle fut démolie parce qu'elle gênait la communication du quai de l'Hôpital avec le quai de la Charité. Quant au pont, à différentes époques le consulat obtint plusieurs bulles nouvelles de Clément vu pour le réparer. Alexandre v accorda aussi des indulgences à la chapelle du Saint-Esprit, et à la confrérie qui y avait été installée pour percevoir les aumônes, les offrandes et le péage. Un concile confirma ' tout ce que les papes avaient fait à cet égard. Le nombre des indulgences pour l'entretien du pont montait à quatre mille cinq cent vingt années deux cent cinq jours de moins dans le purgatoire. Le pape Léon x lui-même4 accorda un grand jubilé en faveur de ceux qui visiteraient la chapelle du Saint - Esprit pendant les trois jours de Pentecôte, et y porteraient leurs offrandes. Le revenu fut si considérable, qu'une querelle terrible s'éleva entre le prévôt d'Ainai, le curé de Saint-Michel et les recteurs de l'Hôtel-Dieu , qui voulaient en retirer la meilleure part : les réparations du pont n'auraient pu se faire à cause de cette rapacité, mais le droit de barrage combla le déficit.
Ce droit se percevait à une des portes fortifiées
i En li™.
■ En 1518.