‹ Histoire de LyonChapitre 59 sur 223 · TROISIÈME PARTIE. \2h · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. \2h

révolution , nous dirons que le gouvernement

féodal se ruinait par ses propres excès; les manoirs étaient a leur tour abandonnés, les \illcs redevenaient prédominantes, les désordres affreux qui avaient lieu dans les campagnes faisaient reflue? les cultivateurs dans les cités, les progrès du commerce commençaient à rendre familières les idées républicaines. D'un autre coté, le luxe, la magnificence, les aventures chevaleresques des souverains, la pompe des cérémonies religieuses qui en formait le pendant, l'élégance dans les plaisirs des cours ou dans les luttes des tournois, les fêtes qui accompagnaient toutes les nouvelles de succès dans la Terre-Sainte, les querelles des papes et des souverains, la proclamation solennelle d'un grand nombre de chartes de communauté, toutes ces causes réunies agitaient les populations, donnaient du mouvement aux hommes et aux idées. La civilisation marchait; Lyon participa comme les autres villes à la régénération de l'espèce humaine. INous arrivons enfin à l'époque remarquable où le peuple lyonnais parut mu la scène politique pour ne plus la quitter dans la suite.

Au milieu de ces circonstances favorables, la prospérité des citoyens ne larda pas à exciter la jalousie du chapitre. Rubys dit que ce fut sous le roi Philippe-Auguste que commencèrent les troubles, les guerres, les divisions qui durèrent si long- temps entre les chanoines de Saint -.lean,

comtes de Lyon , seigneurs hauts-justiciers tle la banlieue, et les bourgeois habitans de la ville. Il ajoute « (jue le motif et l'occasion de ces troubles « fuient en partie l'insolence des officiers de « l'archevêque et du chapitre , et l'injustice qu'ils « faisaient aux habitans qui ne pouvaient avoir « raison, quelques plaintes qu'ils en fissent à l'arec chevêque et an chapitre qui les méprisaient et « n'en faisaient compte, comme grands seigneurs « qu'ils étaient, et la plupart apparentes, non « seulement des plus grandes maisons du pays, « mais de tout le royaume ».

Renaud de Forez administrait alors le diocèse de Lyon. Il venait de succéder à Jean de Bellesmes ou Bellemain , qui avait abdiqué ses hautes fonctions pour se retirer à Clairvaux. Le nouveau prélat roulait dans son esprit d'autres pensées que son vertueux prédécesseur : la grandeur et l'antiquité de sa maison, les longs démêlés qu'elle avait eus avec l'église de Lyon, la tutelle et l'administration des enfans et des biens de Guv in, son frère, et l'ambition du comte Guy n, son père , qui vécut plusieurs années depuis l'élévation de ce fils à la dignité d'archevêque, firent prendre à ce jeune prince des airs de hauteur qui convenaient peu à un souverain temporel, et moins encore à un supérieur ecclésiastique. Renaud . élevé au milieu des montagnes du Forez, habitué aux expéditions hasardeuses, était un seigneur robuste, intrépide, turbulent, plutôt fait pour M

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