‹ Histoire de LyonChapitre 71 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

perstitieuses contre la raison cl les souverains, tontes les fois que ceux - ci ne veulent pas courber leur Iront devanl la tiare.

Mais, d'un autre côté, le génie de Frédéric faisait pâlir celui d'Innocent iv. Il tenta, lui, ce qui réussira toujours contre les intrigues de la cour de Rome, il chercha à éclairer ses sujets. « Les historiens d'Italie, quoique prévenus contre « Frédéric à cause de ses querelles avec Rome, « conviennent de ses grandes qualités, de ses ta- « lens , et de l'étendue de ses connaissances. Il « savait, outre la langue italienne telle qu'elle « était alors, le latin, le français, l'allemand, le « grec et l'arabe. La philosophie de son temps lui « était familière. Avant lui , la Sicile était privée « de tout établissement littéraire ; il y fonda des « écoles , il appela du continent des savans et des « gens de lettres; il créa l'université de Naples , « qui devint presque dès sa naissance la rivale « de la célèbre université de Bologne. Il redonna h un nouvel éclat à l'école de Saler ne qui lance guissait, et pourvut par des lois utiles aux abus « qui s'étaient introduits dans la médecine. Une ce des études favorites de Frédéric était celle de « l'histoire naturelle. Sa cour était le rendez-vous ce des poètes, des joueurs d'instrumens et des ce orateurs'. »

Au milieu de ces deux puissans antagonistes

' GÎDtniené , Histoire littéraire (V Italie.

la politique prudente du souverain français était neutre; on le verra par l'asyle que le pape Innocent iv fut forcé de venir chercher à Lyon. Ce ponlife avait d'abord conçu le projet d'assembler un concile à Kome , dans l'intention de déposer Frédéric^ et, pour le tromper plus aisément, il s'était avancé jusqu'à Sutri, sous prétexte de conférer avec lui. L'empereur, averti de ce complot , donna ordre d'arrêter le pape. Innocent iv, instruit à son tour qu'on en voulait à sa liberté, quitta promptement les marques de sa dignité; il s'habilla en cavalier, et, monté sur un excellent coursier, il le poussa si vivement qu'à la pointe du jour les Italiens le trouvèrent à onze lieues de l'endroit d'où il était parti. 11 continua sa route, et ne se crut en sûreté que lorsqu'il fut arrivé à Gênes, sa patrie. Son séjour en cette ville n'était cependant pas sans inquiétude : il apprenait sans cesse que l'empereur voulait forcer son asyle. 11 s'éloigna donc de l'Italie, et fit mendier du secours chez tousles souverains de l'Europe. Déjà en France, on prenait parti pour et contre les deux rivaux. Innocent iv profita d'un chapitre général qui allait se tenir à Citeaux, où Louis ix devait se trouver, pour faire solliciter son appui. 11 disait dans sa lettre qu'il espérait être reçu en France comme lavaient été jadis Alexandre m, persécuté par Frédéric barberousse, et saint Thomas de Cantorbérv, proscrit par Henri n. Louis fut attendri de la position du ponlife, mais son conseil fut moins

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