‹ Histoire de LyonChapitre 73 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

a vos suffragans : qu'ils soient rendus ici dans « le même terme. »

On voit par celte lettre un peu arrogante du souverain pontife, les changemens manifestes qui s'étaient opérés dans la constitution primitive de l'église. Durant les premiers siècles du christianisme, le gouvernement sacerdotal avait en quelque sorte défendu la civilisation contre la barbarie : c'était un véritable gouvernement représentatif, le modèle de tous ; les clercs , les membres de communauté, ceux cpii composaient les chapitres, le bas clergé, et même tous les fidèles en nommant leurs prélats étaient des représentons populaires malgré l'anarchie universelle; les évèques, les archevêques, les abbés de monastère formaient une aristocratie théocratique; le pape réunissait dans sa personne le pouvoir exécutif et le droit de convoquer les conciles. On voit à quel point était arrivé, au treizième siècle, le des-

autres décrets furent publiés avec le consentement unanime du concile , sacro approbanlc concilie» , ex commuai concilie approbatione. ( Sententia contra Fredericum imp. ab Innocentio iv, in concilio lata sacro praesenle concilio. Conc. , Labbei , tom. h , pars I, pag. 640. ) C'est le sentiment de Guillaume de Puilaurens , de Thrivet , de l'abbé de Stade, et de Matthieu Paris, auteurs sincères et presque contemporains ; de plusieurs grands critiques des temps modernes, tels que l'abbé Fleury, le père Alexandre , etc. — La déposition de Frédéric ne se fit pas conciliariter ; c'est sans doute pour celte raison que le concile de Constance, dans le dénombrement des conciles écuméniques, n'a fait mention que du second concile de Lvon , et que celui qui nous occupe ne fut point adopté par l'église universelle.» Colonia, Hist. litt. de Lyon.

potisme de la coin- de Rome : chose très importante à étudier, puisque le schisme des Grecs, la réforme , L'inquisition, des réactions sanglantes, mille maux qui ont affligé l'espèce humaine sans compter l'indifférence religieuse qui menace tout le globe, en ont été le résultat! On peut en effet remarquer, que le pape, dans sa lettre aux archevêques, convoqués pour le concile de Lyon , parle en souverain absolu ; il les regarde comme des ministres subalternes , il ne leur demande que des conseils et une obéissance servile. Plusieurs historiens font observer, que les moines qu'on avait soustraits de la juridiction épiscopale, poulies soumettre immédiatement au pape, contre l'usage des premiers temps de leur institution, soutenaient par reconnaissance, jusque dans les universités où Louis leur avait donné des chaires, que le pouvoir des évêques était émané du pape, et que lui seul avait reçu la puissance des clés dans la personne de saint Pierre. C'est ainsi, que les courtisans ont toujours perdu ou fait détester les souverains et compromis le sort des monarchies. L'église n'était - elle pas en effet la plus antique monarchie représentative et religieuse? Pourquoi a-t-on altéré la pureté primitive de ses dogmes, la force et la beauté de ses institutions pour les remplacer par une politique ténébreuse, absolue, intrigante, sourde et envahissante1?

1 C'est ce que nous démontrerons clans notre prochain ouvrage intî-

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