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TROISIÈME PARTIE

magnificence extraordinaire, et qu'ils lavaient accompagnée d'un château -fort propre à résister aux nouvelles invasions. Le cloitre n'en subit pas moins toute sorte de vicissitudes; maissamassele fit lutter pendant long-temps. Au treizième siècle, qui nous occupe maintenant, cet ensemble de fortifications fut entièrement réparé. Les débris des temples anciens et du théâtre, enfouis au milieu des \ ignés, servirent à la construction de cet asyle principal du chapitre, à celle du cloitre de Sainl-.lean, de l'église qui porte le même nom, de l'église paroissiale de Notre-Dame de Fourrières, et de plusieurs arclies du pont de la Saône. On bâtit autour de la forteresse de Saint- Just des maisons pour loger les clercs, les prêtres , les chanoines et les autres dignitaires de l'église de Lyon. On en fit par conséquent le siège du gouvernement tliéocratique , gouvernement que nous chercherons à bien approfondir quand nous connaîtrons parfaitement les localités. On forma de cette manière un cloitre immense. Une forte muraille de quatre pieds d'épaisseur et de six toises d'élévation entourait ce local, consacré tout à la fois à la prière, à la justice, à la guerre, et à toute sorte d'actes plus ou moins remarquables. La muraille était garnie de vingt-deux tours (anées, placées à la distance de quinze pas les unes des autres.

L'entrée de cette fortification était défendue par deux portails à fausse-braie , fermés par de

bonnes portes et des chaînes de 1er', lussi le bourg de Saint-Just, place hors de la ville, ressemblait par son site; élevé et par la nature de ses fortifications à une citadelle formidable*. Ce que nous appelons aujourd'hui la rue de Trion et le faubourg de Saint -lrénée, était situé dans l'enclave de la justice et baronnie de Saint-Just 3. Tout ce canton dans le treizième, le quatorzième et le quinzième siècle, s'appelait la ville de Saint? Just4, et se trouvait séparé de la cité principale par la porte de la Madeleine placée à la montée du Gourguillon, près du monastère des religieuses du Verbe -Incarné5. Les portes de Trion et de Sain t-1 renée se fermaient tous les soirs avec la plus grande exactitude; les clés en étaient portées chez le chanoine préposé du chapitre, qui était chargé de l'exercice de la juridiction6.

Non loin du cloître de Saint-Just, à la fin du

1 Procès-verbal du temps Je Charles \i.

a M. Cochard , Notice historique sur le bourg de Saint-Just-lts- Lyon.

3 M. Grepo, Notice sur les fortifications de la ville de Lyon.

4 Villa sancti Justi.

5 On sait que le Chemin-Neuf ne fut ouvert qu'en 1562 par le baron îles Adrets.

6 « Après la mort du pape Clément v, arrivée en 131 i, les cardinaux <|iii n'avaient pu s'accorder à Carpenlras , s'assemblèrent à Lvon pour l'élection de Jean xxu qui se fille 7 août 1316; Philippe, frère de Louis le Hulin, qui avait conquis Lyon dés I31U , se fit remettre les clés des portes de Saint-Just pour la sûreté du conclave ; mais en 1320 , le 17 juin , ce prince donna des lettres patentes par lesquelles il déclara que ce lait ne devait point préjudicier au prévôt et au chapitre de Saint-Just.» Mi NE8TR1EB , Histoire consulaire. — Preuves. — Tract, de bellis, etc.

douzième siècle ef sous l'archevêque Guichard,

les chanoines liront construire un autre monument beaucoup moins considérable : c'était l'église de Fourvières, dont la flèche domine encore tonte la \ille; les fidèles des temps modernes, qui ont une foi ardente, y portent chaque jour huis offrandes; des milliers de tableaux qui suffiraient seuls pour composer une bibliothèque de légendes, couvrent ses murailles; elle mérite par conséquent no lie attention.

Cette église1 rappelle le séjour à Lyon du fameux Thomas Becket , primat d'Angleterre, archevêque de Cantorbéry; événement assez extraordinaire dont les chroniqueurs du moyen âge ne disent mot, et qui ne se trouve que dans les actes capitulaires de la cathédrale de Lyon. «C'est « une tradition constante et bien avérée dans la « grande église de notre ville, qu'après avoir eu « le bonheur de recevoir dans ses murs saint Ance selme, primat d'Angleterre, elle eut aussi la sa- « t isfaction , environ soixante-dix années après , de « servir d'asyle à saint Thomas, archevêque comme lui de l'église de Cantorbéry; et que, bien que saint Thomas n'ait pas à beaucoup près fait un aussi long séjour dans Lyon que saint Anselme, elle fit néanmoins pour lui quelque chose de plus singulier : elle lui donna en propre, dans le cloître de Saint-Jean , une maison où il logea

1 Inventaire général des Archivés municipales, tom. xix, j>. (,)7.

« el qui portait encore son nom dans le quin- « zième siècle ; que pour soutenir sa dignité de « primat d'Angleterre, elle le gratifia en pur don » du domaine et des terres de Quincieu, qui pas- « surent par succession à l'église de Cantorbéry; « que peu d'années après sa mort, elle fonda « dans Lyon une église paroissiale qui porte en- « core le nom de Saint-Thomas de Cantorbéry'.)) On sait que Thomas Becket, d'abord chancelier fastueux, ensuite primat austère, rigide, inflexible, avait fait naître de grands désordres en Angleterre par sa résistance opiniâtre aux ordonnances décrétées à Clarendon. Becket était Saxon : on trouvait dans ces ordonnances une défense injurieuse de nommer clercs ou prêtres, sans le consentement de leur seigneur, ceux qu'en langue normande on appelait natifs ou naïfs , c'est-àdire serfs. Le prélat voulut défendre tout à la fois les prérogatives de l'église et les droits du peuple conquis. Henri 11 régnait alors; Becket le brava ; mais abandonné par les barons et les évêques Anglo-Normands, n'ayant dans son parti que des pauvres et des moines, des bourgeois et des serfs, il essaya en vain contre son puissant antagoniste l'influence des vètemens pontificaux , de la croix pastorale et de son amc courageuse. Henri n n'en fut que plus courroucé; la fuite devint nécessaire. Tout fait croire que Thomas eher-

• Colonia , Histoire littéraire.

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