‹ Histoire de LyonChapitre 90 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

« extorque aux religieux anglais des taxes exces- « sives; il jette des excommunications et des in-

« terdits sur ceux qui s'opposent à ces entreprises. ■ Nous nous prions d'y remédier promptement. • L<^ anglais né peuvent souffrir plus long-temps « de pareilles exactions qui font passer en vos « mains et en celles de vos créatures plus de soi- « xante mille marcs d'argent, somme qui monte « bien au delà des revenus du royaume. »

Le pape fit peu d'attention aux sages remontrances contenues dans cette lettre, et, pour en détourner l'effet, il revint aussitôt à son projet contre Frédéric. Ce prince avait été instruit à Turin , où il était venu, de tout ce qui s'était passé dans les deux premières sessions du concile. 11 avait souri en apprenant qu'on l'attendait pour qu'il se justifiât en personne. Les soldats qui devaient répondre pour lui , n'étaient point rassemblés ; douze jours ne suffisaient pas pour les réunir. 11 refuse donc de comparaitre, et s'aliène par cette conduite une grande partie des assistans. Le pape cbarmé de trouver les esprits dans la disposition où il les souhaitait, profite du moment où la nouvelle du refus de Frédéric faisait murmurer l'assemblée, pour s'élancer sur son trône et de là, d'une voix sonore, il dit:

« Je suis le vicaire de Jésus-Christ, tout ce que

« je lierai sur la terre sera lié dans le ciel. C'est

« pourquoi , après avoir délibéré avec les pères

« du concile, je déclare Frédéric atteint et con-

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« vaincu de parjure , pour avoir violé la paix a faite avec l'Eglise sous le pontificat de notre « prédécesseur; de sacrilège, pour avoir retenu « prisonniers les prélats qui allaient à Rome sur « les vaisseaux de Gênes ; d'hérésie , à cause de « ses liaisons avec les Sarasins, avec l'empereur « schismatique des Grecs à qui il vient de donner « sa fille en mariage , et pour avoir fait célébrer « l'office divin dans ses états, au mépris de nos « interdits; enfin de félonie, pour avoir vexé ses « sujets du royaume de Sicile, qui est un fief de « l'Eglise romaine , et pour avoir cessé depuis « neuf ans de payer le tribut qu'il nous doit. « Ces excès abominables, Frédéric, te privent « aujourd'hui, par ma voix, de tout honneur et « de toute dignité. Princes de l'Église, nous dé- « tachons ses sujets du serment de fidélité; nous « leur défendons de le considérer à l'avenir, ni a comme roi ni comme empereur. Malheur à ceux « qui embrasseront sa querelle! Ils seront à jamais « excommuniés. »

Pendant que le pape prononçait cette terrible sentence, tous les pères du concile tenaient un cierge allumé. Ils 1 éteignirent lorsqu'il eut fini. Innocent îv entonna aussitôt l'hymne des louanges pour remercier la Divinité d'avoir amené à une fin si heureuse sa grande et mémorable entreprise. Mais l'ambassadeur de Frédéric, le fidèle et courageux Thadée, pénétré d'une douleur vive et prévoyant avec tous les politiques profonds du

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