‹ Histoire de LyonChapitre 94 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

cile jusqu'au parfait établissement du gouvernement consulaire. kprès avoir vu excommunier et

déposer les rois, après avoir vu les rois se moquer des foudres du Vatican , nos simples bouriis pe marchèrent plus vers leur affranchissement (Tune manière timide, aveugle, irrégulière,

sans plan déterminé, en hommes enfin qui craignent Fanathême de l'Eglise : ils furent letypede ces bons commereans du moyen âge qui allaient à la messe avec Ja cuirasse sur le dos et qui pendaient un chanoine après avoir reçu sa bénédiction. Ils songèrent, en se préparant au combat, à se créer une charte immuable ; ils se rappelèrent que leurs ancêtres avaient été Romains, et que Lyon avait été jadis une des plus célèbres villes municipales des Gaules.

Par un enchaînement extraordinaire de circonstances, le pape les seconda fortement dans leur entreprise. Au milieu de l'humiliation que lui faisait éprouver un si long exil, son intérêt lui conseillait de s'attacher les masses populaires: déjà il faisait sourdement révolter les républiques italiennes ; il essaya le même moyen à Lyon par ressentiment : on raconte en effet , qu'il avait voulu introduire parmi les comtes de Saint-Jean, trois étrangers, ses parens, sans la participation du chapitre. Les chanoines lui résistèrent avec insolence et protestèrent avec serment que si ces étrangers venaient à Lyon , ils les feraient jeter dans le Rlione. Innocent iv dévora cette injure

dans son asyle champêtre que Ton croit avoir été le château de Charly, qui appartenait alors à l'Église et dont nous donnons ici le dessin; mais pour se venger d'un pareil procédé, il se tourna entièrement du côté du peuple. Il ferma même les yeux sur des insultes particulières de la bourgeoisie pour humilier le chapitre : un de ses huissiers ayant repoussé durement un citoyen qui demandait audience, le brave Lyonnais , irrité de l'insulte de ce valet, tire son épée et lui coupe la main. Tout ce qu'on put faire pour sauver l'honneur du pape, fut d'engager le citoyen à en faire quelques légères excuses r. On voit à quel point le clergé s'était rendu respectable.

Le pape n'embrassait pas moins dans toutes les circonstances la querelle des bourgeois contre les chanoines ; par cela même l'archevêque Aimery devint un personnage entièrement nul : il se démit de son archevêché entre les mains du pontife, et se retira à l'abbaye de Grandmont\ Après cette démission qui le rendait à peu près maître dans notre cité , Innocent iv commença à donner des preuves de sa bienveillance au peuple lyonnais , en faisant construire le pont de la Guillotière pour favoriser leur commerce et faciliter le passage des étrangers. Il conféra ensuite l'archevêché 5 à Philippe de Savoie, homme franc, loyal, intrépide,

1 Poullin «lo Limiina , Menesti icr.

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