‹ Histoire de LyonChapitre 95 sur 223 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

commandant de la garde du pape, et qui n'avait jamais pris les ordres. C'était un prélat qui convenail à merveille aux bourgeois de Lvon. Le pape ne borna pas ses bienfaits à cette nomination, qui contrariait beaucoup le chapitre, il dit de plus, dans une bulle1, « que les traditions « pontificales ne montraient point que les sou- « verains pontifes eussent été reçus dans aucune « ville avec autant de respect que le pape Inno- « cent iv Pavait été dans la ville de Lyon par « les citoyens; que voulant témoigner l'affection « paternelle que méritent les Lyonnais, le suc- « cesseur de saint Pierre prend leurs familles et « leurs biens sous sa protection. » Dans une seconde bulle3, il ajoute « que la ville de Lyon est « une des plus nobles villes de l'univers; qu'elle « est le séjour de la paix et de la concorde ; qu'elle « a conservé la pureté de la foi ; que les babitans « possèdent de grandes richesses avec un vif at- « tachement pour le saint-siège ; que ces bons « citoyens sont doux, humbles, traitables; qu'ils « sont remplis d'affabilité et de modestie : c'est « pourquoi, lui, père de l'Église , ordonne aux « archevêques, évêques et abbés, que si des Lyonce nais venaient à passer dans leurs terres, ils les « protègent comme des amis dévoués, ils ne per- « mettent pas qu'on les moleste , et que, si les

1 Datée de Lyon da Io des calendes de mars 1550. a Datée de Lvon ou de Kome d':s ides de février V2ÏÏ1.

« mêmes citoyens s'adressaient à eux pour leur « demander justice , ils la leur rendent le plus « promptement possible. » Dans une troisième bulle , du même temps, « il accorde aux Eglises « paroissiales de la ville de Lyon, le privilège de ce ne pouvoir être mises en interdit»; et dans une quatrième, « il veut que toutes les fois qu'il ar- « rivera à Rome des envoyés de la ville de Lyon, « ils y soient traites comme s'ils étaient de la face mille du pape. »

Malheureusement pour la prospérité commerciale des Lyonnais, qui gagnaient beaucoup au séjour de Sa Sainteté dans leur ville, le pape apprit la mort de Frédéric , et emmena sa cour en Italie. Pour payer aux chanoines les dépenses qu'il avait occasionées dans l'abbaye de Saint- Just, il leur acheta la baronnie de Briguais, qui, jointe à celles de Grézieu et de Yalsonne que le chapitre possédait déjà , forma ce qu'on appelait en général la baronnie de Saint-Just. C'est de là que les chanoines de l'église de Lyon prirent le titre de barons. Enfin, dans la joie qu'Innocent iv éprouvait de revoir sa chère Italie, après une absence forcée aussi longue , il fil présent aux comtes de la rose d'or, fav< sur que les papes n'accordaient qu'aux tètes couronnées et aux personnes éminentes qui avaient bien mérité de l'Église romaine.

Il partit, emmenant avec lui Philippe de Savoie, au giand contentement du chapitre qui i\e-

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