TROISIEME PARTIE
de se voir tyrannisés, tantôt par le tribunal d'un archevêque absent, tantôt par celui du chapitre, et souvent par tous les deux ensemble, résolurent de se mettre en état de défense. Ils s'emparèrent des clés de la ville ? et ordonnèrent aux peinions de veiller, par des rondes continuelles, à la sûreté des citoyens. L'église de Saint-Kizier ' devint
1 Nous ajouterons à tout ce que nous avons déjà dit de Saint-Nizier, les notes suivantes tirées de quelques- unes des descriptions de la ville «1< I.von {Voyez X Inventaire général des archives municipales, article S. Vizier , pour tous les actes qui concernent celle église, lom. xix , pag. 1()7. ) Les guerres de la commune laissèrent pendant long-temps cette église dans un état complet de délabrement. Louis de Villars l'érigea en collégiale en 1305 ; et le curé, sous la qualification de sacristain, devint le chef du chapitre. Henri de Villars autorisa les fonctionnaires de cette collégiale, en 1330, d'appliquer les dons et les legs faits aux indigens à réparer le sanctuaire de celte église , attendu qu'il n'y avait presque pas de pauvres. Le pape Clément vit accorda , en 1394 , dk ans d'indulgence à ceux qui participeraient à celte oeuvre ; mais ces réparations furent inutiles, puisque le chapitre fut forcé de reconstruire l'église telle que nous la voyons aujourd'hui. Une bulle du pape Cali\.te m , de l'année 1456 , octroya indulgence perpétuelle à ceux qui contribueraient au parachèvement de cette belle église gothique , qui cependant ne fut pas achevée , mais dont on admire la superbe galerie sculptée à jour, construite à cette époque. Dans nos temps modernes, on a cherché à mettre en harmonie avec les détails de sculpture gothique de l'intérieur de l'église , l'autel nouvellement orné de marbre , la balustrade en marbre qui sépare le chœur de la nef, el une riche boiserie qui entoure le chœur, boiserie ornée de saints en peinture , mais qui seront plus tard sculptés en bois. Le clocher de l'église de Saint- Nizier ne fut commencé qu'en 1463. Un tiers de la façade est gothique; le reste est de construction moderne. On y voit tous les défauts de l'architecture de la renaissance , sans y trouver ses brillantes beautés. Les niches pour loger les saints y sont prodiguées à l'infini. Le portail est en forme de conque, suivant le goût très vif que l'architecte qui l'a construit avait pour ces sortes d'ouvrages. Quatre colonnes doriques ca-
une place d'armes formidable. Une rivalité féodale qui existait depuis long- temps entre les barons de Saint-.) us t et les (oui les de Savoie, servit en même temps à entretenir des liaisons assez étroites entre les princes de cette famille et les citoyens lyonnais. La Bresse , possédée par ces comtes dont la juridiction s'étendait jusqu'aux
nelées, supportant un entablement (lenticulaire que couronne une coupole sphérique, forment l'entrée principale du temple. Une délibération capitulaire du 30 mars 1538 , contenant la soumission de plusieurs notables de fournir aux frais de ce portail , indique l'époque de sa construction. L'avanl-corps méridional a été fait postérieurement; on y travaillait en 1585 ; il n'offre plus le même caractère d'architecture. Le portail crypto-portique a commencé la réputation de Philibert Delorme. Comme nous aurons rarement occasion de parler de lui, une notice sur cet architecte lyonnais ne sera pas ici déplacée. 11 naquit à Lyon au commencement du seizième siècle, étudia l'antiquité en Italie sans avoir reçu une éducation bien solide ; cependant il se fil remarquer par Marcel Cervin , qui devint pape sous le nom de Marcel u. Delorme revint à Lyon en 1536' , et y construisit plusieurs maisons ornées de voûtes et d'escaliers en trompe , ainsi que le portail de l'église de Saint - Nùrier ; mais le cardinal du Bellay ne lui donna pas le temps d'achever ce monument , il le présenta à la cour de Henri u. Bientôt après l'architecte lyonnais construisit le fer à cheval de Fontainebleau , donna les plans des châteaux d'Anet et de Meudon , et en répara plusieurs autres. La tour des Valois, à Saint-Dcnvs, et le palais des Tuileries, furent également élevés d'après ses dessins. Catherine de Médicis récompensa tant de travaux par le don des abbayes de Saint Éloi de Noyon et de Saint Serge d'Angers, avec la qualité de conseiller et d'aumônier ordinaire du roi, quoiqu'il ne fût que tonsuré. Tant de faveurs rendirent Philibert insolent. Le poète Ronsard fit contre lui la satyre intitulée : La truelle crossée. Delorme voulut s'en venger en chassant le poète du jardin des Tuileries ; mais Médicis se fâcha en disant que ce jardin était le séjour des Muses. Philibert Delorme mourut en 1577 ; on a de lui Nouvelles inventions pour bien bâtir et à petits frais, Paris, 1501 et 1576. L'auteur avait imaginé de substituer des planches de sapin au bois de charpente ; ce