TROISIÈME PARTIE
portes de Lyon , était souvent pillée par les vassaux de l'église ; une coalition avec les bourgeois devenait une sorte de représaille. Forts de celle alliance, les citoyens purent agir.
Les chanoines effrayes cherchèrent alors, mais en vain , à détourner la tempête avec les jongleries spirituelles : « Qui peut se faire une idée, « s'écriaient -ils, de l'état lamentable de l'église « et de la ville de Lyon? qui peut en rappe- « 1er le souvenir ou en être témoin sans amer- « tume de cœur? Celle qui méritait auparavant « d'être appelée la glorieuse cité de Dieu par la « dévotion de ses habitans, n'est plus, par sa « désobéissance et par le débordement de ses « vices, que la misérable fdle de Babylone. C'est « pourquoi nous avons jugé à propos, au milieu « des plus tristes lamentations , de suspendre a et d'altacber aux saules les lyres sacrées qui « servent à chanter les louanges de Dieu. Pour a les crimes et les excès horribles qu'ils com- « mettent chaque jour, nous mettons en interdit
qui ajouta , pour les dômes, l'économie à la plus grande légèreté et à la plus grande solidité. On s'étonne que ce procédé ne soit pas plus souvent mis mi u^age, et qu'il n'en existe peut-être qu'un seul modèle, à quelques lieues de Lyon. L'ancien dôme de la Halle au blé de Paris, avant l'incendie , était ainsi construit. On a encore de Philibert Delorme neuf livres sur son art, imprimés en 1567 , in-folio , et ornés de figures en bois. On s'accorde à vanter beaucoup les idées de cet architecte sur la coupe des pierres, qu'il a réduite en principe et qu'il a exécutée avec une perfection rare. En général, l'éloge qu'on a fait de Philibert Delorme est exagéré , si l'on en juge par ses constructions do Lyon , qui tiennent le premier rang parmi tous ses ouvrages.
(c ecclésiastique, nous séparons les habilans gan- « grenés du corps de l'église, comme des reje- « tons et des arbres pourris. Nous les excom- « mimions en chantant d'un ton lugubre le « psaume Super Jlunùna Babjrlonis.v
Sur ces entrefaites, le pape Innocent iv mourut. Pour défendre les droits de leur communauté , les bourgeois, cherchant partout un monarque qui leur servît de protecteur, et ne songeant pas encore au roi de France, députèrent à Rome Humbert de Vaux, et lui prescrivirent expressément de supplier le nouveau pontife de détruire le mal à sa racine en abolissant les privilèges odieux des chanoines, et de confirmer ce qui était juste , le droit, par exemple, qu'Innocent iv avait accordé aux citoyens de ne pouvoir être cités hors de Lyon , ni obligés de comparaître devant d'autres juges sinon devant l'archevêque ou son sénéchal. Ils chargèrent aussi Humbert de faire remarquer au pape que Jésus -Christ avait dit « qu'il n'exis- « tait ni premiers ni derniers » , et que la noblesse n'était pas dans l'Evangile ; qu'ils demandaient par conséquent que les revenus de l'église attribués aux chanoines fussent divisés en cent prébendes, et que les enfans des bourgeois ou toute autre personne pût être admise indifféremment à en jouir, sans avoir égard à la noblesse. Ils demandaient la même chose pour les jeunes fdles roturières qui voudraient entrer dans le monastère de Saint-Pierre-les-Nonains : « Car enfin, di-