‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 15 sur 85 · LETTRE XIII · texte numérisé non relu

LETTRE XIII

Cologne, 7 liminaire an VU (octobre !>&).

Me vuilii s Cologne. Bah ! comment donc si loin? Figure-toi qu'arrivé ù Bruxelles, J'entre dans In chambrée de In sixième compagnie. On allait te mettre 8 table, c'est-â-dire se ranger autour de la gamelle. On m'invite poliment a dîner, je prends une eniller et me voila a m 'empiffrer avec toute la société. A un petit goût de fumée prés, la soupe était ma foi trts-bonne, et je t'assure qu'on ne meurt pas de cette cuisine-là. Je régals eusuite les camarades de quelques pota de bière et de quelques

nous voila amis comme si nous avions passé dlj ans ensemble. Tout a coup l'appel sonne, on descend dans la cour. Le chef d'cscadrnn s'avance, je vais a lui, je lui remets la lelire du capitaine, Urne serre la main; mais il m'apprend que le chef de brigade et le général sont aui avant-postes de l'unit de Majericc avec l'autre partie de mon régiment. Je vois dnns L'Instant qu'il n'y a rien à taire b

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CHAPlïftE HUITIÈME. m Bruxelles, et je. le dis tout net à mon chef d'escadron , qui m'approuve sans hésiter. Tl m'expédie «ne feuille de route pour les avant-postes, et après dixbuit heures d'amitié avec mon chef et mes camarades, me voila parti I

Mais le desliu, ma bonne mère, mo sert mieux que la prudence. Je passais par Cologne pour me rendre dans les environs de Francfort , où est mon régiment, lorsque j'ai appris que le citoyen d'IIarville, général eu chef et inspecteur de la cavalerie de Mayem-e, allait arriver ira dans deux jours. Je suspends ma course, je l'attends. Tout le monde rne dit qu'avec la rrcommiuniation rie Réunion ville, son ami, je serai eruplou' d'i'snbhi! prés dp lui comme ordonnance. .T'aurai doue un peu plus de mouvement, sinon dans le corps, du moins dans l'esprit , que si j'étais forcé de m'en tenir a la consigne du soldat easerné. Ainsi mes affaires vont bien, et sois

trouilles dans le Brahant au sujet de in «m=nï|itioi:. Les révoltés se sout emparés pendant quelques heures de la ville et de la citadelle de Malines; mois les Français, à qui rien ne résiste, les en ont chassés, et en ont tué trois cents. On eu a amené vingt-sept à Bruxelles pendant que j'y étais, et j'ai vu parmi eux des gens de tout Bge et deux eapneins. La conscription n'était qu'un prétexte, et le projet des ré-

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voltes était de favoriser une descente des Anglais ; carils s'étendent du cùtéd-Osteude et de Gand.«otre diligence ï'étoDt tassée et nous ayant forcés de passor huit heures à Louvain , toutes les villes qui étaient sur la route vinrent au-devant de nous eu grand émoi. Le bruit s'était répandu que Briiicllcs était en insurrection, parce qu'on ne vujait point arriver la diligence. Cette alerte s'est accrue au poiût nue c'est la nouvelle du pays et qu'on a peine ù me croire quand je dis que j'ai laissé Bruxelles fort trac quille. On fait descendre beaucoup de troupes de l'armée de Maycnce, et or. espère voir hientôt le Brabant pacifié. Je hénis de plus en plus , ma bonne mère , les soins dont tu comblas mon enfance. L'allemand m'est ici de la plus grande utilité; j'ai servi, dans tout le chemin, d'interprète ù la carrossée. Ils étaient désolés de me laisser à Cologne et de perdre leur trucheman. — Tu ïas passer, toi, un hiver bien triste, ma bonne mère, et cette idée seule m'afflige. Mais j 'espère être chargé de quelque ordonnance pour le département de l'Indre, J'irai encore te soigner, te caresser et te faire rire. Ta douleur est mou unique souci, car de tout ce qui peut, [n'arriver je me moque . et suis certain de m'en bien tirer.

En attendant le général d' Il arvi lie, notre chasseur se promenait au bord du Rhin, et, malgré sa joie

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