‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 34 sur 85 · LETTRE XXVI · texte numérisé non relu

LETTRE XXVI

J'ai reçu ta lettre à Diircn, ma bonne mère où elle arriva à propos pour me faire passer une douce soirée. Elle Était dans les dépêches du général qui furent apportées de Cologne par une ordonnance extraordinaire. Sous avions inspecté le matin ;> crois rruec'était le 30 nivOse) les dragons de ia république, aujourd'hui le 2S 1 de cavalerie. Le général , avec son grand uniforme couvert d'or, son écharpe de satia rouge à glands d'or, était monté sur une magnifique jument blanche. Les deux aides de eamp le suivaient; Durnsnel avait son grand uniforme de chasseur, Caulaiueourt était suivi d'an cuirassier,

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CHAPITRE NEUVIÈME. 89 moi , j'étais derrière Durosue] 1 : ce qui me plaisait beaucoup mieux, Nous «ions prêches d'un capitaine du SJ' qui noua «induisait au lieu de la rame. Il faisait un beau soleil. Tous les galons, tous les plumi-t.) brillaient rt flottaient. >ous avons traversé la lille de Dùren en caracolant. Quand noua fûmes eu face du régiment, toutes les trompettes sonnèrent aux champs, Nous traversâmes 1rs rangs. Ensuite le général lit rompre par compagnies, et passa le régiment en revue, ce qui dura quatre heures. Il vint ù pleuvoir et à faire grand froid, c'était beaucoup moins joli qu'au départ. Enfin nous rentrâmes transis et mouillés. Lorsque j'étais muscadin, tout

1 I f ■■wtc Uunwne. ,E,'i Taris d '..Mi'im thrt rkli.HT au de la mvalerie du mlnlsttn de h guerre. San goût pour Isa ami* rfnï i'lWik,,, «ni-nr,' ir firent avaiicil- riijiiiicnient

ojiëratiiin, se signala également dons 1B08 et 1809, fut bit scnCrtl dodi.

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90 1II5T01RB DE MA VIË.

cela m'aurait enrhumé : mai- maintenant le froid,

le eliftutl, le sec, le mouillé, tout m'est indifférent.

Tu me demandes si ma coiffure de cheveux est à I l mode. Persomu' J;uis le ivsim?!»t n'en porte du pareille; mais on voit quelques officiers du génie siiiTuv.î'iT^inr.ir- ,:ela, cl plusieurs pers-imi-.. filtre autres mou quartier- maître, trouvent que cela va très-bien avec l'uniforme de chasseur. Pourtant je promets a tout le monde de laisser grandir mes cheveu* ailn de faire une queue , et d'ici à ce qu'ils soient de langueur, j'ai le temps de me laver la tete. Oa t'a donc dit que si je devenais officier l'uniforme mi. lit miner, \ , 1 1 déjà tu t'inquiètes des douze cents livres qu'il faudra pour m'équiper. Rassure-toi , ma bonne mère ; d'iibord je ne suis pas officier encore, et je serai bien heureux de commente:- par cire maréchal des logis, car plus nous allons, et moins il est possible d'arriver d'emblée à un autre grade. Mon général sent bien qu'il ne pourra tenir les promesses qu'il a faites, car il ne m'en parie plus. Quant aux douze cents livres, réduis cela dans tes prévisions à cent cinquante. I.e petit uniforme d'oflicier consiste en un frac vert avec l'épaulelte,

peu p'.uscher. Mais si .e '.ont va » (ieu\ cent; livre- , c'est le bout du monde.

Mon colonel s'appelle Ordener; c'est un Allemand

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CHAPITRE NEUVIÈME. 31 fort brave homme, à ce que dit tout le monde. Je le icrrf.i liieiilùl iiuuuil nous irons 'n^pcL.'.t [■:■ [es rci;iments deki division, Mon régi meut est maintenant a Coblenlx.

7 ptnU» an VII.

lu sais sûrement déjà que Khrenbreitsteio. est rendu. Le Rhin fuit ici des ravages du diable. Le port de Cologne est plein de bâtiments marchands

l'es; ensuite est arrivé nu :h -ruminai eut qui les a [iorléi i'i !,i hauteur ui;s premiers étages des maisons du port. Il a gelé de nouveau par la-dessus; puis tout « coup , le Rhin est rentré dans son lit , de manière que l'eau n'étant plus sous la glace, lu glace s'est brisée et les bâtiments qui s'étaient rangés contre les maisons, de plain-pied avec Ire croisées du premier étage, snnt retombes sur le port de trente pieds de haut et se sont fracassés en grande partie, CeL événement est unique el ne s'est peut-

-■.;r le 1 m. Moi; (l.i Jîliin u oI);itv;t se» m juverr.en; j , avec un oflleitr d'artillerie, jeune homme rempli de talents que j'.ii pris en avilie 1 1 qui me le rend, IWjs avions une pièce de quatre, et â chaque effurt de la glace nous avertissions le. hommes du port

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par un coup de canon. Je me suis ressouvenu de

mes jeux de la

le feu je sentais

que cela m'amusait encan

'.. Ta sa

beau dire, ma

chère mère, il n'y a rier

comme le brait

Je voudrais bien pouvoir

tuner encore de

chercher pour d

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ù ne pas s'entendre, et quoique j'aime le tapage , je m'en passerais bien quand je cause aveu toi. Allons, Il faut que je tu quitte brusquement, mais avant, Je t'embrasse comme je t'aime.

Avant de transcrire la lettre suivante, je dois peut-être demander pardon a quelques lecteurs de rapporter la critique enjouce que mon père fait de H. de Caulaineourt. Il me semble pourtant qu'il n'y a rien là de sérieux ni d'affligeant pour les parente et les amis de ce personnage, Quand ii s'agit d'un homme aussi marquant que l'a été le duc de Vicence, ses traits, ses manières, le détail de sa \ ie, appartiennent en quelque sorte à l'histoire, et la correspondance que je publie appartient déjà à l'histoire. C'est de la couleur, comme on dit aujourd'hui. Ce n'est que cela, et c'c6t encore quelque chose, j'en conviens; mais je sais le respect qu'on doit aux morts, surtout aux parents des morts. Aussi je rapporterai, sans en rien omettre, le bien

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CHAPITRE NEUVIÈME. <!3 que mon père aura plus tard à dire de celui qui lui inspirait dans sa jeunesse une si naive antipathie. Cette antipathie, qui ru; porte pas sur des laits graves, mais sur rit", rhiises [ï'Jnstinct , est concevable de la part d'an homme aussi flanc, aussi ouvert, aussi eitéricur, pour ainsi dire, que r était le jeune soldat de la république, place' dans la dépendance et sous les ordres d'un homme grave, £r»id et concentré. Il n'y a là rien autre ehose que la rencontre de deux organisations différentes.

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