‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 38 sur 85 · LETTRE XXX · texte numérisé non relu

LETTRE XXX

Cologne, 3G flmiosean \fi (févriur as).

Eh bien, ma lionne mire, stiis-je arrivé à bjn puii: ("iocincnt ce ti'uuves-'.iiïS.iis-jf 'e^tni b\.ul!

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Tont le monde ici l'a trouvé, Pomme on M, frappant. El moi, qui de ma vie c'a! trouvé qu'un portrait me ressemblât, dés l'instant que je roc suis vu dans celui-ci , je me suis reconnu. Il y a bien longtemps (ju'll était commencé, et j'aurais voulu le dire celte surprise pour les étrennes; niais, au beau milieu du sou ouvrage, le peintre est parti pour Coulent/, d'où il n'est revenu que ees jours-ci.

J'ai reçu l'argent, J'ai payé mes chemises et mes mouchoirs, me voilà dans mes meubicsl II était temps que le carnaval finit, car tous les soirs depuis huit jours je m'en campais pour six ou Luit

livres dons les Les Allemandes ont bon appétit,

et quand vous les avez toit danser, voos êtes toujours forcé de leur offrir quelque chose. Aussitôt qu'elles ont bu, elles tombent sur les tourtes, I-es cii.mans arrivent ; Ah ! maman, iu.s priïiiiivj Lieu quelques-unes de ces darioles! — Vient le frère. Tarbleu , mon cher ami , nous boirons ensemble un verre de puneh. Si le chien venait, il faudrait aussi le faire bâfrer. Enfin c'est l'usage. Si vous arrivez dans uue maison a cinq heures du soir, on vous offre, par manière de rafraîchissement, du vin et

mince effet que produisent des sucreries sur des estomacs constitués de la sorte.

J'ai quitté mes négociants et la triste? chambre dont je t'ai fait la description. Je suis logé mainte-

CHAPITRE NErjVIÈMK. m nant par merveille. J'ai une jolie chambre avec du feu, et tons les matins on m'apporte du thé avec du pam et du bourra J'y suis pourtam en billet de logement, mais c'est la maison du bon Dieu. Mon hoir est un aimable docteur qui K une trës-jolle fille, laquelle joue assez bien du piano. Le secrétaire du général Labord,. logeait cbez ce digne homme eo partant, il ra - ;i eé(ie Mn hgemt , n ^ ^ ^ ''''h'iH tir. [.rndff „, aila.it iv,-.-] v <- Ir mi™ il, municipalité. J'ai été m'IustaHer avec mon sabre sous le bras et mon billet à la main, comme le comte Alrnaviva, et j'ai dit comme lui 3t entrant « N'est-ce pas ici que demeure la maison du doc- ■ ■ No " :^ïi 1 irtlio:o,a r( '. F c,- ! il u îîa^rnii mon «mable non-, mais Da.-.id, wtanK . flc volls recevoir. , Tu vois que mou bonheur «ne suit par-

Il ya bien du ehaogementdaLe.otreeta.maio..

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du-heit aoa qu'il avait fait oflioter; mais l e Dir(: e.

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tiiin: n'sviiut pu; voulu coufirt; tr la i:onur.iJtnii, , iv jeune homme, maigre un an de grade passe au corps, a été forcé de quitter son poste et de perdre Km crade. Tu vois qu'il n'est plus bi facile d'avoir ,1e L'avancement et que les protections n'y font rien. Il faut en prendre soc parti puisque .'.-est juste, et tacher de gagner ses éperons, comme les anciens àc.»licr S , pur ,W. vmtu',:™ [H-ouess.-s. Ci- jeuiiC homme attend ici la fortune des événements, comme nous tous II porte cependant toujours ses ioaulettes, le général l'emploie comme officier di! correspondance; mais c'est un peu par contrebande que tout cela ce fait, et pourra bien ne pas durer. Ce serait pourtant dommage qui- ce. garçuu ne nous restât pas et fut retarde dam sa carrière pour avoir trop bien débute : car il est fort aimable et nous sommes très-lies. Quand nous sommes dans le bureau, le soir, avec le secrétaire, et que le général et les aides de camp sont uartis pour faire leurs visites, nous bomrae' lou* ies trois eiimnie des mîaiiisdétiarrasai's de leur précepteur; nous faisons des tours de force, nous nous battons il coups de coussins : cest une. poussière, c'est un vacarme admirable, et quan vient quelqu'un, nous souillons les chandelles et nous nous cachons dans une grande armoire. On croit qu'il n'y a personne, on s'en VU, et nous re-

de bien mauvaises nouvelles de

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CHAPITRE NEUVIÈME. 141 nos blés. Ils sont superbes Ici, quoiqu'il y fasse bien plus froid que chez nous. Peut-être ne sont-ils pas gelés, peut-être que c'est une terreur à la Desciir.rtres , cur c'est mil [lesiimiste s'il en fui.

Mon régiment est pai'tl pour Ilaguenau. Ou l'écrase de marches et de contre- marches, Dieu sait pourquoi. Bonsoir, ma bonne mère, ne t'inquiète pas de moi, Je me porte bien, et je ne sens pas le froid. Je n'ai eu qu'une seule migraine depuis n.ue je suis ici. Je t'embrasse de toute mon arae. J'embiasse père Deschartrcs et ma bonne. Quand elle prétend que je l'oublie, réponds- loi de ma part im'dle un ii menll.

LETTRE DU MA GRAXD'MÈRI!

,11) GÉÏÉRAL n'HAHVILLE

Notait, ! venlûse an VIL

Vous avez bien voulu, citoyen général, prendre part a mes douleurs et les adoucir. Ce souvenir est :dlcmcnt prient ;i mon cœur et à ma pensée, que ce qui peut troubler votre bonheur excite mes solli- '■ [...Ihs. Mon fil s me ri'.umk: que n'us a]h\i. t-uv séparé de vos airio-s de camp, dont l'on surlout, te

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Hî HISTOIRE DE MA VIE.

citoyen de Caulaineourt, comme -votre parent, emporte vos regrets. Je voudrais que mon fils fût en état de le remplacer, non pas dans le poste élevé qu'il occupait auprès de vous, et auquel je sens que Maurice est encore trop nouveau pour prétendre, mais dans quelque partie qui vous soulageât de vos travaux. Si vous aviez la bouté de jeter les yeus sur lui, il apprendrait son métier sous vos ordres. Il chercherait à vous plaire et à mériter la marque, d'estime que vous lui donnerit/. Il cl i-ncore Lien étranger su service, mais il n'a pas tenu a. lui de se rendre plus utile, et il ferait avec zelo et intelligence tout ce que vous lui commanderiez. Vous m'avez donné une grande joie en me marquant qu'il se conduisuit bien, et que vous vouliez le rendre économe. Cette intention de votre part me prouve qu'il vous occupe quelquefois : Je vous en rends grâce, et vous l'trs fait pour apprécier la reconnaissance d'une mère, puisque vous gardez un si tendre souvenir a celle qui vous a donné le jour.

J'invoque sa mémoire pour éveiller en vous on peu d'aroitté. pour mon Mauriee. Ali! général , vingtcinq ans plus tard , vous eussiez été aussi un pauvre conscrit. Que n'aurait point fait cette tendre mère pour adoucir votre sorti Quelles obligations n'aurait-elle pas eue il celui ijui , onirne vous, aurait pris son fils sous sa protection ! Elle aurait cru trouver un second pére pour lui et un noble ami pour elle.

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niuL-ss -es élises Ikllrasos mi voulez Lien me dire me touchent profonde ment; ions me donnez l'assurance nue mes lettres ne vous importunent pas, et c est encore une. coîiaulutiun use je vous dois de pouvoir vous parler avec confiance du cher objet de ma tendresse, J e vous renouvelle, citoyen evinérnl, les sentiments de gratitude et d'attachement a vu; lesquels, etc.

BIÎPOKSE Drj GÉNÉEUi, IIARVILLE

: \ la <:iT'.!Yi;m: lai'i^ \i£ in; s!ïï

Je refois à Fin-tant votre lettre du 7, citoyenne et je ne calcule pus si c'est vous importuner en vous répondant si vite, puisque c'est pour vous donner des nouvelles de votre Maurice , nue j'ai bit venir de suite chez; moi pour lui parler de rou- et chercher en même temps à lui donner le goût de l'occupalion. Il est vrai que dans ce moment il ne peut pas m'être tris -utile, La partie bureaucratique de l'inspection a besoin d'hommes un peu rompus au* 7,

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détails militaires, et dont l'Écriture, en même temps soignée et rapide, p-iaso J ' tl »! l| ". 1 " ; ; ""' 11 111 a dît que la sienne était assez négligée, et même il ne me nur.ii-. piisiksiror es OT:ire tic travail , qui en effet ne remplirait pas beaucoup le but d'activité et de distinction qu'il se propose. Il dîne avec moi aujourd'hui; nous serons comme en famille, et je pourmi causer davantage axer lui. Je m'occuperai de elasser ses moments; malheureusement, dons l'état purement militaire. U s'en trouve nécessairement beaucoup de perdus.

Les détails quE je vous offre vous prouveront I intérest que je prends à l'être qui voua est cber, et répondront, de manière à uller jusqu'à votre cœur, à celle phrase de votre lettre : a Elle aurait cru trouver un tteond pire pour stmfik, tt t!U un noWf ami. Si j'avais cet tspoir, me désapprtnaeriezvous? ° Obi non sûrement, citoyenne, dites un tendre ami. Votre tendresse pour votre fils, la sensibilité de votre langage et la reeouimissaiiefi que vous me témolynei pour un procédé si simple , me donnent le plus grand désir de vous coi.n.ii .ie et di

nayti'^is tant 1 UC î e nE puis P ' US * eH " < - AEe "' !S l'hommage pur et sensible que vous mérités.

Salut et respect,

AuonsTB 1I*RVILLE.

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