‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 40 sur 85 · CHAPITRE DIXIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME. m

mais à quoi veut-il que. je m'occupe, puisqu'il 11e me donne, rien à faire, que je n'ai pas même 1111 cheval a monter, et que mitre temps ici se passe à filtre ûes visiles, à aller au bal et a la comédie? Si je n'avais la passion île la musique, je m'ennuierais à mourir, car je suis obligé d'étudier les commandements et les mimeeuvres de l'escadron dans ma chambre, ce qui oc m'apprend pas grand'chose. Depuis que je su:* chez mon duc'.enr, j'accompagne -a 11. II 1 . A mu p:\ ,.ti' . m.-! Ile i-lu iioiiH'™e n ivpii* Li musique, qu : i Ni j ■■ -sscxlc uiirï.Mejucr.t. Elle a fait venir un piano de Mayeuce, et elle le touche avec beaucoup de goût et de légèreté. Je mis aussi trèssouvent jouer du violon et eliantcr cheï madame Muret, femme du commissaire des guerres on chef, à Cologne. Elle reçoit tout ce qu'il y a de mieux ici en fait de Français, et In général y vient quelquefois.

]\ous avons eu une très-belle revue favorisée par un temps magnifique, l'our le coup, les plumets et les broderies ont brillé tout a leur aise, Il y eut ua moment vraiment superbe. Après l'inspection, on sonna à cheval pour la manœuvre. En un clin d'ceil le régiment eut enfui; »clié, J etais à r;nr| eents pu, du général. J'accounts à lui bride abattue avec les chevaux conduits derrière moi par sou écuyer. Nous parcourûmes ainsi tous les rangs nu galop. Puis le régiment défila devant nous en jouant la marche des Tartares de LadoUla. La musique était fort

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

lionne, et tout cela me grisait. J'ciais beurrais

Mais tout cela donne le goût du métier et ne le satisfait pas. Il esl vrai que voila la guerre recomirienrie, sinon ilt-.jit. ri!r . C<: serra, jVipe-c, le -igr'.al mini avar.eiTiiciLl. 'juc crtt.' l'spOi-ii'.'n'i: ne i 1 1l'rave pas; sanai' qu'i : y aura des remplacements li faire dans les corps et qu'il faudra bien que raun tour vienne. Connais-tu rien de plus risible que les négociations de Rastadt? On se fait de grandes politesses de part et d'autre, et On se canonne avec il; . p. ii'.i'itafiunri (l'aii:i'..ir. A ! u lionne heure !

Avec le Caulaincourt les airs importants et dédaigneux ont disparu de l'état-major. Les mots désobligeants et décru -.inranis ont cessé d'attrister les oreilles. Durosnel s'est emparé de la besogne. Il ne part pas encore, Dieu mercil Quel caractère diffû-

donne des ordres avec précision , mais sans dureté. Il n'est chef d'escadron que les Juurs de revue, et non pas, cumme l'autre, depuis le moment où il se levé jusqu'à celui où il se couche. Je crois, eu vérité, que Caulaineuurt s'était mis en tête de singer les manières et l'autorité de Buonaparte , dont il parle sans cesse et dont il est fort loin assurément. Je ne sais pas si ce ton-là serait tolérable même chez un général en chef. Il faut du moins crue l'appareil de la puissance accompagne de grands talents, et quoii;. ii- Caulaineuurt on ait, il n'en sera jamais

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Page 1