H6 H1ST01RK DE HA VIE
sïque. Frappé de ces deu* certitudes, ht n?ri"si:é. (l'avoir fSIt la guerre pour être fait officier, d'une part; Ja nécessité d'avoir fait In guerre pour être officier avec honneur, d'autre part, je m'étais dit .!<'.; !■.: princip.: : Il f;ml •- itivr ni iv.niii-aïijt pl.u tùt possible. Crols-tn done que j'aie quitté Kohant avec le projet dépasser ma vie a faire l'aimable dans lt's pttrjiisiiils f-t If TifwssFiire ilnrii les ilf.'p.'it-i ? Non certes, j'ai toujours rivé In nuenp, .-t si je t'ai fuit là-dessus quelques mensonges, pardon ne- 1rs -m ni ,
tes tendres frayeur.
Avant que te général me parlât de le quitter, et dés la reprise des hostilités , j'avais été lui demander de rejoindre les escadrons de guerre. Il reçut cette proposition avec plaisir d'abord. Puis, attendri par tes lettres, il craignit de te déplaire en prenant sur lui la responsabilité de mon destin. Il me fit donc revenir pour me dire d'aller au dépét, parce que tu ne voulais pas que je Tisse la guerre, et ranime je lui observai que toutes les mères étaient plus ou iniûls ■ tiiTj i ri i- toi , et *.[■■)•: Il 1 , seule ili'-s: jiii'-. s.-a:j y perdit-il, là vous pourrez partir ,'ivce Ir prrmirr ilet.ichement destiné aux escadrons de guerre, et madame votre mère n'aura pas de reproches à [n'adresser, vous aurez agi de votre propre mouvement.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
CHAPITRE DOUZIÈME. (7T J'arrive à Thionville, :t mon premier soin est de m'informer si bientôt 11 ne partira pas un flétaclienicnt. Je ne pinnais e:'.e ht ma iiic i-ipr.lirnee i;e rejoindre le régiment. ! 'st . end, un mutsavet: anxiété. Km lu un forme un iletnr.heirrnl , j'en fais par:.!?, : e roauceuvre lous les jour:* avec lui, je pari* guerre avec les plus anciens elif.ssf i;rs. il- voient, omiliien je désire [^ili'.gtr leurs fatigues, leurs travaux et leu:: gloire. C'est la, nia lionne mère, Ik secret de leur amitié pour moi, bi;n plus que les iienuenuei que je lenr avals payées. Enfin le jour du départ était fiïé. Il n'y avait plus que huit jours à attendre. Je t'écrivais des balivernes, mais pouvais-tu croire que je :ne serais passionné pour le. pansage et le fourniment, si je n'avais pas eu l'idée de faire la campagne?
Au moment où je m'j attendais le moins , je reçoit! dn Général une lettre où 11 me dit en termes fort aimables a lu vérité, mais très-précis, qu'il veut que je reste au dépo: jusqu'à nouvel ordre. Hél'îii U' le r cuvais pers;, lii JLe L[u'il nie faisait j.i.o.T 1 (,. jrniiO-.it diio' :iik:r e\pli [lii-r et fifi'iuaiki- a t;mt le répirnrrit que si je. ne pu pai. et n'est pas ma fan'c ! J'étais au désesnair. Je munirais celle lettre fuutste à tous mes amis; les officiera voyaient bien mon esclavage et ma douleur; mais le soldat, qui ne ;;ait pas lire et qui ae raisonne guère , n'y croyait pas, J'entendais dire derrière moi : n Je savais bien
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
n» ::is,Oihe ijii MA. vil.
([n'il ne partirait pas. Les enfants de famille ont
La sueur me coûtait du front, je me regardais comme déalLOiîor;- , je ne durimis plus, malgré la fatigue du iervice, j'avais la mort dans l'orne, el je tv.: i i-.nvriHijt. ennuiu' lu lis dû le L-i»in iiriiiit t. Comment te dire tout cela? Tu n'aurais jamais voulu
Enfla , dans mon désespoir, je vais trouver le commandant Dupré, je lui montre la maudite lettre , et je lui annonce ijee je s-uis ri'Miju à désnhrir au p ne-
i-eni'i-'iiti'criii , ii pe/di'e mon ^radr de briwiilier, ele. J'étais comme fou. Le commandant m'embrasse et m'approuve. 11 m'avait an nonce et recommandé au chef de brigade et à plusieurs officiers du régiment, et il voyait bien que si Je ne profitais de l'occasion ilf nie distiripic; 1 ilasis ei:ile caiiinMiie , liior. LL',U:ir ci.iil ajourné, gâté peut-être. Il me dit qu'il prenait sur lui d'annoncer mon départ au généial, et que quand même je perdrais à cela sa protection et ses
Touslesofûeiersviiiii.r.tiLi.mUra.^er.etaugrand étonnement de tous les soldats, je prends avec eux la route de la Suisse. Ne voulant te dire ma réso-
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
ani'URH i)oua.KMv; -.:>
lutimi que loivqiu je laii.j.ï iuatitée par le bapt6mc (ft: 'il pi-i'i"i(LT rr:-.i'iii-.tiv ;n« rrnnomi. ji' t'écrivis l'.i- ( J i ■ 1 . 1 1 . 1 r y>u- l.i s i :.to do 'l'Iiiiiii-- i!> , ft jï'i;vii;r;i mil lettre au vhUose Si; r;ly pour qu'il la mit à la pusle-. Nutrt- yuï;!;;* fut île vingt joues, et après ;.■,(■!!■ ii-.u!v i. il- !■■!■ :le lîàli', nui- it' i.ii.j 11:1111:li ic^iiiu-iil ctfiits le {'iiu'Hi tir G!,iri=. C'est !» qu'on voit ces ii'jinl.v.ji -. i/o moi- loi 'le imirii sii^ins. Leurs ciuus coiuoiloi d'ine. neiye étemelle se perdeiit dans les nuis. Ou entend le fracas des torrents rjiii iVl.n i.iMl .'■.■i rwlitTS , b: iM'IVi-Fii: du veut ik travers les forets. Mais là maintenant plus
troupeaux. Les chalols iiii u n' é:e abandonnés pré- L-r;.: i i I . Tel:', iivait lui à mjtrt 1 n.bpeil. les liabitauts s'étaient rulirés dans l'intérieur dus muntugnes avec leurs bestiauj;. l'as un être vivant dans les vii [««es. Ce ciinton Ci i-,= i t l'imago du plus morne désert. Pas un fruit, pas un verre de lait. Pions ai i 119 veci; iL.v y.m- J \ !■>' lo (U'ustable paio ot ta viaido (il::s .let/V.jb'.e encore que donnait le goit-
in iict:\i;r , - oui i,û!.- , ni! ii if r.im i :-:- do ;jomn:i : s de terre presque crues, car nous n'avions pas de temps de reste pour les faire cuire, et d'cau-de-iie quand nous en pouvions trouver.
l.o a \ondi nii.ari. le- humilités coiii:iiO'ioo.ior.( INoijs attaquâmes l'enncni sur tous les points. 11
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
> SU tlJSTOlHH DE MA VIE.
était retrauché derrière la Ummat et la Linth. A trois heures rlu matin l'attaque fut donnée. On m'avait tant parlé du premier coup de canon ! Tout le munde en parli! et personne ne m'a su rendre ses impressions. Moi j'ai voulu me rendre compte de la
fut agréable Figure-toi un 'Siomim: ilY.tttuL' solennelle, et puis un ébranlement soudain, magnifique. C'est le premier coup d'archet de l'opéra quand on s'est recueilli un instant pour attendre l'ouverture. Mais quelle belle ouverture qu'une canonnade en rtiilel Cette canonnade, cette fusillade, la nuit, au milieu des rochers qui décuplaient le bruit (tu sais que j'aime le bruit) , c'était d'un effet sublime; et quand le soleil éclaira la scène et dora les tourbillons de fumée, c'était plus beau que tous les opéras du monde.
Dès le matin , l'ennemi abandonna ses positions île Ki-ucUe. Il replia toutes ses forces à U/nach sur la droite. Nous nous y rendîmes. >"ous ne donnâmes point dans cette journée. Nous restâmes en bataille (kviiLT'.' rnfdiiU'i'iu, I il. : ut.! lo v'oivupit de pnsvr 11 rivière qui nous séparait de l'ennemi. On construisit un pont sous sou feu même. C'était à des Russes que nous avions affaire. Ces gcns-la se battent vraiment bien. Lorsque le pont fut terminé, trois bataillons s'avaaccrent pour le passer. Mais à peine furent- Ils arrives de l'antre coté, que l'ennemi s'avançant
pu forces considérables r\ bien supérieures aux no- Ires, ]['s!roi.[jL'S(ii]i nvrifiit pai.é le pont, se jetèrent ■;lfs:ais i n iluïonli-i' pour :,■ n |i;isnit. T.a jouit ic était déjà |:ni'v ( .,un- sur la riv; gauche, lorsque le pont :n:p ciian.;é se lampiL O'JK qui Paient timn sur la rive droite et qui n'nvci;nt pu opérer leur retraite , voyant le pont rompu derrière eux , ne cherchèrent leur salut que riniiS tm clïïirt ùe courage désespéré, lia attendent les Russes 6 vingt pas et en font un horrible carnage. J'ai frémi, je l'avoue, en voyant tant d'hommes tomber, maigre l'admiration que me causait l'héroïque défense de nos kuaillciis. Tue pièce de douze que nous avions sur la hauteur les soutint à propos. Le pont fut prompte m eut rétabli, on vola au secours de nos braves et l'affaire fut déciCHï. Si rv puni. i/oQi p:.'.ri{ rassé, reoiu'mi p:i litoit de notre ùesoHre. la bal nLlli: était perdue. Le terrain marécaçcj \ ne pcraicCau! pas à la cavalerie d'avancer, nous avons: bivouaqué sur le champ de bataille. Il fallait traverser notre bivouac pour porter les blessés n l'ambi lance, les feux énormes que nous avions allumes permettaient d'y voir
premes du soi t des natiens. Ceux qui tiennent la paix ou la guerre entre leurs mains, et qui ne se décident pas à la guerre pour des motifs sacrés, mai;, pour de lâches questions d'intérêt personnel,
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
devraient avoir sans cesse pour punition te spectaclc sous les yeux. Il est horrible, et je n'avais pas prévu qu'il me ferait tant de mal.
Il n'était que blessé a la jambe; mats, m-cablé île fatigue et de faim, il respirait fl peine. Je le fis revenir avec quelques gouttes d'ran-de-vie. Tmis kos nens étaient endormis. J'allai leur proposer de (D'aider à transporter ce malheureux à l'ambulance. Accablés eux-mêmes île fatigue, ils me refusèrent. L'n d'eux me proposa de l'achever. Cette idée me révolta. Excédé aussi de fatigue et de Jaim , Je ne sais où Je fus chercher ce que je leur dis; je m'échauffai, je leur parlai avec Indication , avec colère, je leur reprochai leur dureté. Enfin deux d'entre eux se levèrent et vinrent m'aider ù emporter le blessé. Pious finies un brancard avec une planche et deux c.irabincs. Un troisième chasseur, entraîné par notre exemple, se joignit a nous; nous soulevons notre homme, et, à travers les marais, dans l'eau et dans la vase jusqu'aux genoux, nous le portons a l'ambulr.ncc. tluifînéc J'ûne de mi- lieue. C.bmuii. feisanl ils se plaignirent souvent du fardeau et délibérèrent de me laisser seul avec mon blessé m'en tirer comme je pourrais; et moi de leur crier ; Courage! et de leur débiter, en termes de soldat, les meilleures sen-
■action de conserver la a Autrichien. 11 y avait mtre feu. Je l'observai.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France