CHAPITRE TREIZIÈME
renée, et, me prenant les deux moins avec cordialité, il m'a embrassé en me disant : o Mon eber Dupiu, t'est avec un regret extrême que Je vous vois partir, II faut qui: vulve avancement l'evige pour que je consente à notre séparation. Mais clic ne sera pas longue, j'espère. L'important pour vous est d'être fait bien vite maréchal des logis. Ausaltit
ili-es, mni.jjfi vai, déniai., v u.lro oscaJroii au »c- I i L- 1 1 (oniniiui-.liiiit la ilivi^.in. '■: ' j j:' r.f puis l'avoir, je viiiis t'T.ii rlrnjiiiitT pa- ri- mil li n.V.il fi votre elief de brigade. » Voilà ce qui s'appelle aimer Ses ;Ci:s f: :i r rit , et vraiment tu as bien raison, on trouve plus de cordialité chci les gens SLins naissance que ebez les grands.
Me voilà revenu à la ;\imoaai]ie et relomli!! ihins le bivouac et la vache enragée , mais ce ne sera pas long, et je retournerai auprès de ce bon général, chez qui j'ai connu plusieurs personnes aimables dont j'ai gagné aussi l'amitié. Il y en a deux entre nôtres dont tu as pu voir les noms dans les journaux, aux articles de nos succès d'IIclvétie. L'un est le citoyen Gaudinot, commandant la 25' légère, et l'autre le citoyen Locbet, commandant la 'M- demi-brigade de ligne. C'est ce dernier qui rallia les troupes et leur (It faire face à l'ennemi lorsque le pont fut rompu au passade de la Linth, C'est un
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Slï HISTOIRE DE MA VIE.
homme de cinq pieds di* pouces, un véritable Hercule, aimant infini meut à rire et à faire ce que nous appelons ici des/arrej. Quelques mots d'éloge sincère que je ne pus m'empecher lie lui adresser à t.'ii'.t [a.Tlant Hiir p'i i ion !a'Timr.-.e me (heu* remarquer de lui à la table du général. Il mu dit avec un L'rar.il fn'-'L-ui i( jim T.'int la main à si;n l'imil comme foui les soldats pour saluer : Mon caporal, vous y étiez donc? — Oui, mou commandant. Et di'puii ce. temps il nu m a;.|n- I !■ ■ phi s i|ae son i-.-qiiiral. A table, il prend solennellement la parole pour porter la sauté du caporal. Il s'arrête dans ia rue lorsque je passe, et m'ote son chapeau jusqu'à terre, GV.jt ji cre\er île ri il-, il le i-iu île awer.ï! m'en e»! resté, le général Brunei lui-même ue m'appelle plus que mon caporal. L'autre jour il prit aux Autrichiens une lubie de passer le Rhin pendant que nousétions à dîner. Ou vient l'anuoneer au général, et vite la générale de battre, les trompettes de sonner à cheval , les chiens d'aboyer, les habitants de fermer leurs portes, les femmes et les enfants de crin'. C'était une confusion du diable. Sans perdre de temps ,
je 'elle n ehe.al et rcit-ns lire.- i.;n ^'lierai, qui
m'ordonne de courir à toute bride au poste attaqué
i l île (iii-- 1 : n i.->mn,.iii:lai;l I i i-l , i[ i le . Irf. ialu il , de culbuter 1rs Autrichiens dans le Rhin pendant qu'on lui dépêcherait dn renfort. Je détale, il y cm inm i:cll\ Ik'til's. j'en Lcuibisdii 115 le.-, mun-
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□1APITRK TREIZIÈME. %i 3 tagnes la canonnade, la pétarade , mun cheval allait comme la vent. Je crois que j'aurais traversé l'enfer pour arriver. J'arrive hors d'haleine, Le commandant Loehet, qui m'aperçoit, vient à moi et m'ùtant son chapeau avec son sérieux accoutumé me dit : s Mon caporal, qu'y a-t-il pour votre service! — Mon commandant, je viens vous dire de culbuter les Autrichiens dans le Ehin. — Mon caporal, c'est fait. Faites -moi l'honneur d'accepter un verre de vie. — Bien volontiers, mon commandant. «Et fil buvant, il m'a dit que l'ennemi avait débarqué, mais qu'il l'avait forcé de se rembarquer après lui avoir fait des prisonniers et tué plusieurs hommes.
Je revins porter cette nouvelle; mais mou cheval, déjà fatigué des courses précédentes, étant parti du dépôt trop jeune pour supporter les fatigues de la guerre, me refusa le service et, achevé par cette dernière galopade, devînt tout à fait fourbu. Je le ramenai avec beaucoup de peine par la bride. Le soir les jambes lui enilèreut , et 11 fut impossible de s'en servir. Fort heureusement quo nous ne fumes pas obliges de battre en retraite, car j'étais pris par messieurs les Cosaques qui sont vis-à-vis de nous, et qui ont la mauvaise habitude de ne pas faire de prisonniers. Il n'est pas du tout plaisant de tomber daas leurs mains. Étant toujours sur le qui-vive, il eût été fort imprudent de rester démonté. Le général l'a senti, et m'a fort gracieuse-
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m HISTOIRE DE MA VIE.
meut offert de l'argent pour acheter un cheval. 11 le fallait absolument , ma bonne mère ; ce sont les malheurs de la guerre. J'acceptai sis louis, qui m'ont servi à acheter d'un capilaine du régiment ira joli petit cheval tartare pris a messieurs les Cosaques, léger comme le vent et vit comme la poudre. J'ai eu !a selle et la bride par-dessus le marché, et t'est vraiment pour rien; mais c'est toujours trop quand cela te coûte; mais comme j'ai renvoyé mou cheval au pelit dépôt, celui que j'ai acheté m'appartient bien , et je pourrai le revendre quand, après la distribution des chevaux, j'en aurai repris un autre. Me voilà donc endetté de sii louil que je te prie, ma bonne mère, d'adresser an général Brunei,
J'ai couru hier sur toulo la ligne pourlalrepréler nui troupes le nouveau serment, Tout le inonde ici est trèa^c-nteut de ces derniers événement»'.
J'ai enfin reçu deui lettres de toi à la fuis; 11 y avait bien longtemps que J'étais privé de ce bonheur-là. Mais je n'avais que la privation, et toi, avec la privation, tu as eu l'inquiétude. Pardonnemoi de ravoir causé ces tourments! Je m'en veux bien de te faire souffrir, et pourtuni:.., mais quand tu te plaia», il me semble toujours que c'est moi qui ai tort.
' Le 1B liminaire.
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CHAPITRE TREIZIÈME. 31B Le clicf (le fei^u'e Ociiiui'f n'i^l pris, c"iïr:-.e tu le crois, ami de M. de la lour d'Auvergne. Il ne le Ciir.nail stulm'.ont pas. H. de la Tour ne commit dans W i''.'Li: i;';;l qi.it iinm l'.ipitLiuie GmiKiiiid , qui n reçu mou engagement à Paris, et qui, malgré son air froid, m/avait témoigné tant de bon vuiilii r. Il c.t ih u'ii'.i adjii:laut w : ii: ; iv,I . cl il est li celle armie. Il est venu dîner ces jours derniers chea le général, et ceîn a fait entre nous la plus belle reconnaissance du monde. Quant à mon congé, il ne dépend ou aucune façon du général Har ville. C'eit ai: ministre de la guerre on su général en chef Maœiii;t qu'il f ;i !.,i l'adresser pour l'obtenir, et tu l'nliticoilras par I ' Luti .-:!?* L T i:i i lu de Beurnnnville ou de M. de la Tour d'Auvergne. Si je parviens 4 être officier, je demanderai à passer dans le 3' hussards ; je tiens beaucoup à quitter mon régiment quand je le pourrai ; car le chef ils brigade parait s'être persuadé que, quand on y est, ou n'en doit plus sortir. Il n'aime pas mu qui sont dans les états-majors; et comme L'état -major est mon but, je serais toujours contrecarré par lui ; je le rois venir.
Pour que je te voie à mon aise, tache de m'obtcii ir lui ui'iin: d'.i minL-tre de un. rendiv a i'jrii. Ci la vaut bien mieux qu'un congé du régiment et une feuille de rouie, qui vous limitent le temps et vous tracent rigidement le voyage.
Adieu , ma bonne mère, j'aspire à tire nmrécual
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des logis pour l'aller voir. Je ne pense, je ne rêve
qu'à cela. Adieu, adieu. Je t'aime de toute mou ùme.
DE US GHAND'llÈBE A UOK PÉHE.
Si ru m'avais htlV de l'armée , mou i-n1at:l j'.' serais morte de douleur et d'inquiétude; car M. Dupré, à qui j'avais écrit pour m'inforraerde ton sort, ne m'a pas encore répondu. Dieu veuille que du moins il t'ait envoyé l'argent que je lui ai fait passer pour tui pur M, Lefournier ! Ce n'est pas Sans peine que je m'étais procuré ces six louis, le pauvre homme n'avait pas de quoi me payer, et, sans m'en rieu dire, il a vendu ses effets pour l'envoyer exactement cette somme. De toutes les personnes à qui j'ai écrit, je n'ai reçu de réponse que de M. de la Tour d'Auvergne, maisune lettre charmante, pleine de sensibilité et d'intérêt pour toi et pour moL 11 me dit que ton superbe maintien, ta politesse, ta discrétion , le liant de ton caractère, font mérité l'approbntioa de tous les généraux auxquels tu as été présenté. C'est parfait, mon enfant, ces éloges vont jusqu'à mon cœur; mais ce qui m'a fait mal, ces: qu'il ajoute que le général Humbert t'a voulu faire
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□UI'lllIE TREIZIÈME. ai7 promettre de le suivre en Irlande. Ta n'as pas dit oui, mon filsîTu n'as pas pu le dire! Ce générai Humbert h sait pus que tu as une mère dont tu es le fils unique. Tu n'as pas, comme lui , j'espère, la manie de guerroyer. Tu aimes le service, mais aussi tu aimes la paii , qui fait ] e bonheur de tous et qut
est si désirée pur ta triste mère
Voilà tout le directoire encore une fois détraqué, Buonaparte chef de la ville et de l'armée. Ce n'est pas le hasard qui l'a fait revenir d'Egypte au moment qu'on le croyait perdu dans les déserts de la Syrie. C'est encore une révolution , et qui peut amener de grands événements. Celui de la paix et de la sécurité serait le plus intéressant pour moi. Si ton capitaine Coussaud, qui m'a écrit une lettre fort honue, et qui me parait un homme excellent, voulait tu servir auprès de Masséna (et M", de la Tour d'Auvergne n'en doute pas), Masséna pourrait te faire officier; car, pour le directoire, il n'y faut plus songer. Sieycs seul est conservé. Ceux qui seront nommés (si on en prend d'autres) seront soumis au nouveau chef. Que de projets, d'espérances déçus! Le congé que je demande pour toi ne s'en sentira pas, j'espère
Bonsoir, mon enfant; tu me recommandes d'être tranquille, hélast je ne leseraique quand je te tiendrai dans mes bras; mats tu y resteras il peu, que
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je n'aurai pas le temps de me rassurer. Je t'embrasse, mon flls, avec lu pins vive tendresse, et jo fuime mille fols plu» que ma -vie.
Je n'ai point de journaux ec soir, mais cens i[ui en uiit disent qnr ies conseils siint i h.vs-és , qu il n y a que cinquante membres de conservés, qn un Oilicier de la suite de Buonaparte lui a tiré un coup de fusil dans le conseil, qui, heureusement, nr. l'a pris atteint, Ct qu'on l'a arrêté sur-le-champ. Tout le monde espère être mieux , il semble qu'on ne pouvait pas être plus mol. Enfin Je respire un peu. Peut-être nos maux vont-ils unir! On dit que la Prusse n'est pas étrangère a cet événement; c'est l'inverse du 18 fructidor. Directeurs «t conseils sont