LETTRE IV
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J'ai reçu a la fois tes deux lettres, ma bonne ii-iTï. 1jl.hi lu première. ;n ciiii:!- ipie i: ,irr trop vite, dans la seconde que Je n'arrive pas à temps, 'lïauîjuillise-iur. La priid.-mm'inr, m'a déterminé, et, comme je te l'ai déjà écrit, je suis soldat de la république. J'ai des recommandations fort lionne? . et quoi qui lu dises Je n:oi; envie jh guerroyer, mu voilà condamné à six mois de garnison. Tu peux donc dormir sur les deux oreilles pendant six mois, et c'est beaucoup. Je te donnerai exactement de mes nouvelles; je dois être a Bruxelles le 10 du courant et je n'ai plus que cinq jours pour
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tue retourner, car il m'en faut trois pour gagner mon poste. Mon capitaine, qui est froid , mais obligeant, m'a pourtant dit que si mes affaires me retenaient Ici quelques jours de plus , 11 ferait allongea ma feuille de route. Je m'emballerai dans la diligence, et j'arriverai ainsi comme un prince. Le ï(>u%i , fiieii-.eril u:>l;s tiin:ie |M'.i]:mit trois S'.-ls pi' lieue, ce qui fait neuf ù dix livres de Paris à liruiellfs : voilà, j'espère, de quoi voyager magnifiquement. Mais je ne profiterai pas de cette magnificence, et, selon ton désir, j'irai trouver M. Fournier, qui m'avancera sii louis. Il m'a déjà offert davantage si j'en avais besoin. On n'est pas plus honr.fte ci plus obligeant que lui.
A propos d'Étape, je leur ai fait nne belle peur l'autre jour à Épinay. J'y suis arrivé avec Eodier a neuf heures du soir. Il est entré le premier et sans m'aiiinmror. .1.; r'.t: suii. iiitroùui: par lu cuisines. Je donne le mot à la femme de chambre, qui arrive tout effarée au milieu du salon, où étaient ces dames , madame de Montagu et quelques autres élégantes. La femme de ebambre dit a madame de Monteloui qu'il y a dans la cuisine un hussard ivre qui prétend avoir un billet de logement , qui casse tout, et dont on ne soit que faire, Voilà qu'aussitôt on appelle tous les hommes de la maison et qu'on arrive à moi en masse. Je vais au-devant d'eu* dans un corridor obscur eu jurant et en contrefaisant ma
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CUAL'lTlili HUITIÈME. a7 voix. La lumière arrivant derrière moi et ne laissant voir que mon panache et ma toque, cette méprisa donna lieu oui questions et au* réponses les plus plaisantes. Rodler, mon compère, arrive d'un air furieux et veut se Jeter sur mol , on le relient. Je jure de plus belle, on me retient. Enfin on me reconnaît et on rit. Mais ces dames ont eu une si belle peur qu'elles en oui toutes été malades. Voilfl-t-il pas une belle manière de se présenter dans une malson ! Si tu avais été 14 , ma bonne mère , tu aurais
ri de leur mine effarée Mais je te vois, a toi,
l'air tien triste, et cela me serre le cœur au milieu de ma gaieté. Prenda courage, tout ceei n'est que momentané, et je ne te donnerai pas d'inquiétude. Adieu, ma bonne mère, je t'embrasse de toute mon ame. Ne m'oublie pas auprès tlu vendangeur Desehartres, digne émule de Bacchus et de Woé. J'embrasse ma bonne,