‹ Histoire de ma vie. Tome 2Chapitre 80 sur 85 · DE L'HISTOIRE DE MON PÈBE · texte numérisé non relu

DE L'HISTOIRE DE MON PÈBE

J'ai luïssj mou jesue sulitiiî. r::i1'.;atit k' fort do Lard, et pour rappeler sa situation au lecteur, je citerai, d'une lettre dotée d'ivrea et adressée par lui ùson neveu René (le \ il. hhuvc , quelque" frr.^nn'iit,

h propos des mêmes événements,

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Mais d'abord je dirai comment mon père , âgé île vingt et un ans, avait un neveu, son ami et son aima ride, plus âgé d'un oudeuiacs que lui-même. M. Dupin de ( i 'ran™-. , :i mail 5 .-.i • ai'.te nus lorsqu'il épousa ma grand'mere. Il avnit fté marié en premières îiccr? ; : .yi.v -n. itlcrru-i le Himillmid . d.iiil il avait en une fille. Cette fille avait épousé M. de Villeneuve, neveu de madame Dupin de Chenonceaux, et en avait eu deux fils, Bcné et Auguste, que mon père aima toujours comme ses frères. On peut croire qu'ils le plaisantaient beaucoup sur la gravité de son rôle d'oncle, et qn'il leur fit grâce du respect que son titre réclamait. Une affaire de suecessinn avait élevé quelques différends entre, leurs hommes d'iiiïiiires, i-t vnieiei aiment, aujourd'hui, mon cousin René s'explique, avec mol sur cette contestation. — a Les gens d'affaires trouvaient des motifs de chi- 11 cane, des clmni-es île piiri pour nous a entamer •i un procès. Il s'agissait d'une maison et de trente » mille francs légués par M. de. llochefort, petit-fils s de madame Dupin de Chcnonceanx, à nutre cher » Maurice. Maurice, mon frère et moi, uous repon-

i dîmes aux gens d'affaires que nous nous aimions o trop pour nous disputer sur quoi que ce soit; que. a s'ils isiiaien: oepeiK^il à 'i- i]iicrr.;le:' entre hi\ ,

ii nous leur doiiurou;. I.i permission de se battre. h J'iL'i:i;ie s'ili ' i- ;r. lï'.l'.T.'iit. rv.:.i:i r.ij;; ililiiilî de. u jV.inilk- Mirent -livini tenir»-;:., u

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CHAPITRE (JDATORZlfiME. 2iS Ces trois jeunes gens étaient bous et désintérêt, sans aucun doute . mais le lor>ip3 .rissi valait totem que celui où nous sommes. Malgré les vices du KuuviTiii'TïH'iit directorial, malgré l'anarchie des idées, la tourmente révolutiininKire «ait laissé dans les esprits quelque chose de chevaleresque. On avait soiii'l'iii-t, 0:1 li-uiiluO i yt&t-- -jirt.mie ïhî

licitetc, fi la recouvrer sans avarice, et il est certain que le malheur et k danger sont de salutaires épreuves. L'humanité n'est pas encore assez pure pour ne pas contracter les vices de l'égoUme dam) le repos et ilimi joiJfSiiin'cs matérir^les. Anj'iurd'hui l'on trouverait bien peu de familles où des i-.ilh: i riii> . fil pré.ié:iee il'uii luiit.lï: er.iitéfljlrii- ,

termineraient leur différend en s 'embrasant et en riant a la barbe des procureurs.

Dans la lettre que mou père éerii il d'il n'iu'i l'ai m: de ses neveux, il raconte encore k passade du Saintile-nani et i'uttirme du :ort rie H.r'il, les r.-nr mms que je vais transite montrent enniblcn 011 agissait gaiement et sans la moindre pensée de vanterie dans ce beau moment de notre histoire.

0 J'arrive au pied d'un roc, près d'un précipice d où mon élat-major s'était perché. Je me présente 0 an général , il me reçoit , je m'installe , je présente b mon respect il Itimnnpnrle. La même nuit il or-

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îiC HISTOIRE DE MA VIE.

n donne l'attaque du fort de Bard. Je me trouve 1 » l'assaut avec mon général'. Les boulets, les bomc bcs, lis grenades, les obus grondent, roulent, o tonnent, fclatent de tous rMés , nous sommes bnt- ■ tus, je ne suis point blesse.

o ÏNous tournons le fort en grimpant à travers ï des rnrr-.rrf f1:(]fsfi:jhii>!<. Rj.-inaimrtf |^t-Ei:-.j.iL ai oc « nous. Plusieurs hommes coulent dans les préci- » pires. Nous descendons enfin dans la plaine, on

ii slievnl. Je l'achète, et me voila monté, diusc l.so Sez nécessaire à la guerre, Ce matin, Je porte un n ordre aux avant-postes; je trouve les chemins s jonches de cadavres. Demaiu ou cette nuit , nous a avons une bataille rangée. Buonaparte n'est pas o patient, il veut absolument avancer. Nous y s, sommes tous fort disposés.

0 Nous dévastons un pays admirable, Le sang, c le iMmagc, ln rlrailatiim K-.aiviimi. i nnrrt- suitu. t Nos traces sont marquées par des morts et des n ruines. On bi'iiu voulniv mnioprr les li r-ljî'.r. ri* s, t. l'-:)j)iii:à;reli; if, \ at-\\M,t us i-diin f.ir'ec h toat cao nouner. J'en gémis tout le premier, et tout le

1 le mi tri'U!-! pnbii'r; pli. Ou a tu rju'il v,M:,it il;- sari: n-iir.'S , h.ïni t l:i-i :il , Ht .n.iiif !it;--:-'r.

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CHAPITRE QUATORZIÈME. 2i7 d premier pourtant cette maudite passion des con- » quëlcs et de la yloire me saisit et me fait désirer 11 impatiemment qu'on se batte et qu - on avance.

a Si tu savais, mon ami, comme je t'ai regretté

0 en passant le Saint- Bernard I Comme tu te serais i> amusé 1 La route, si on peut appeler cela udo

1 diai[-.:c luttant on entrait dans la nciiir ju:a;u au\ n ornlies. Arrivé ;ui i-onvn't. lis moiiif s ninisfirnnt

i: lltjtUI'.L;]', jj I LltY: 1 C s! [ii'lllt un' I ]ai itjli i l'I !L J.1 1 J L I L"

f ln;r institution.., ils me montrèrent leurs gros n clik-ns ; it. siinl MkirnniL des aniwaii* <W h j-l-js o belle tournure et de la plus agréable physionomie. a Je leur fis mille honnêtetés dont ils parurent tres- '■■ saiisfaiti ; colin moines, cliieus etmllilaires nous o nous quittâmes fort bons amis.

o Si Ton pouvait choisir son existence, la mienne » serait (le vivre auprès de nies chers neveux, do les » faire enrager du matin au soir, et, par-dessus tout » cela, de leur fnire di:ï discours et des explications >■■ a il<i:'iiiiL- ùebojt. V.n dr|rl i.leli: iiucrrc et d^s eona quêtes, Je verrai accomplir ce beau souhait, et, » en attendant, mon ami, je t'embrasse, en '.e ré-

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Ïi8 HISTOIRE DE MA VIE.

11 pétnnt que ma rive amitié pour loi est à l'épreuve n du [finp. île l'.-ihsrui'f, à' l'inteïf't, rte toutes les » coii>ioV rations vulgaires, et même de In bombe et • do boulet, s

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