‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 103 sur 223 · JU · texte numérisé non relu

JU

3atJ HISTOIRE DE MADAME BARAT

proposez de faire, en vous protégeant, en vous aidant de mes conseils, et en maintenant dans votre Société l'observation des règles et Tesprit de votre vocation... »

M^' de Talleyrand-Périgord délégua à ces fonctions de supérieur général le secrétaire môme de la grande aumùnerie, M. l'abbé Perreau, que nous avons déjà nommé dans cette histoire. C'était un de ces hommes distingués et excellents, qui semblent nés pour faire aimer la vertu. Il était si obligeant, si porté à rendre service, qu'on disait qu'il s'y était engagé par vœu. Mais sous cette bienveillance, se cachait une énergie qui n'avait pas faibli devant la persécution. Dans les derniers temps de l'Empire, il avait été jeté dans le donjon de Vincennes, avec M. d'Astros, pour la cause de l'Église et les droits du Saint-Siège; mais il avait trouvé Dieu dans sa réclusion, et il s'y était fait une si douce habitude de la solitude, du silence, que, depuis ce temps, il ne se plaisait plus que dans la retraite. Forcé de vivre à la cour, mais ne s'y donnant pas, refusant pour lui-même les hautes dignités ecclésiastiques qu'il faisait conférer aux autres; prédicateur peu disert, mais esprit lucide , aussi apte aux aflaires qu'il les aimait peu, M. Perreau allait être pour la Société du Sacré-Cœur le plus précieux comme le plus dévoué des amis.

On sentait cependant ({u'une chose restait à faire pour couronner l'ouvrage des Constitutions : c'était la création d'un noviciat général, (jui ou as.suràt robservalion uniforme dans la Société. Dès 1814, RI"'" Darat écrivail à M'"" Duchesne : o II nous faut à Paris une maison assez vaste ])uur y contenir le noviciat général, avec un

Page 1