‹ Histoire de Madame Barat (volume 2)Chapitre 104 sur 223 · NAISSANCE D'UN NOVICIAT GENERAL · texte numérisé non relu

NAISSANCE D'UN NOVICIAT GENERAL

pensionnat. Voilà un projet pour l'avenir, et qui serait exécuté dès ce moment, si nous avions des fonds. » La raison qu'elle en donnait, était le besoin de pourvoir à l'unité d'esprit et de gouvernement. « Nous pouvons dire, écrivait-elle à la même amie, que notre Société ne prendra de la consistance que lorsqu'on pourra former cet établissement. Le noviciat général donnera le même esprit à toutes, et unira tous les cœurs au chef. Que n'avons- nous pas déjà souffert de ces conduites particulières de divers pays ! Je vous assure que la place que j'occupe deviendrait impossible à remplir, si ce moyen n'était mis promptement en vigueur. » Une autre considération, que sa foi et son amour plaçaient secrètement au-dessus de celle-là, était que, dans cette maison, on pourrait établir l'adoration perpétuelle du saint Sacrement. « Ma chère Philippine, mandait -elle à la même, vous serez bien contente dans quelque temps. Nous établirons enfin l'adoration perpétuelle du sacré Cœur de Jésus. C'est mon projet chéri ! »

Le Conseil général entra pleinement dans ces vues. Une des premières choses inscrites dans le livre des Constitutions fut : « qu'il y aurait adoration perpétuelle dans la maison du noviciat, laquelle serait unique autant que possible. » Paris fut désigné pour cet établissement, et les mères du conseil ne voulurent pas se séparer avant d'avoir pourvu à cette fondation.

Elles se dispersèrent donc, deux à deux, par la ville, allant de quartier en quartier chercher une demeure. Comme on était alors dans le temps de l'Avent, elles s'unissaient à Marie demandant une place aux gens de Bethléhem, pour son fils Jésus. On avait d'abord pensé à l'Abbaye-aux-Bois; on finit

par se contenter d'une maison plus modeste, située dans la rue des Postes. On la prit à loyer: un maître de pension y tenait son école; il la laissa bientôt libre, et la mère générale chargea M""" Duchesne des travaux qui devaient en faire une décente habitation des épouses de Dieu.

L'élection des assistantes générales devait terminer le conseil. Une neuvaine de prières faite à Notre-Damede-la- Délivrance précéda ce grand acte, et le Vô décembre on ouvrit le scrutin. Les noms de M""^* Bigeu, de Gharbonnel et Grosier réunirent d'abord les voix. M™^' Desmarquest, Geoffroy, Eugénie de Gramont furent désignées ensuite. La digne mère Bigeu reçut les fonctions d'admonilrice de la supérieure générale; la mère de Chai'bonnel, celles d'économe générale; enfin la mère Duchesne, investie des fonctions de secrétaire générale, se réjouit d'une charge qui la fixait désormais auprès de M""^ Barat. Telles sont les sept colonnes que Dieu choisit à cette époque pour porter l'édifice de la Société.

Le lendemain 10, octave de l'Immaculée Conception de Marie, le Conseil se rendit dans la chapelle des Récollets de la rue de Grenelle. C'était une simple chambre; l'autel était dressé au fond d'une alcôve; à droite et à gauche, on remarquait deux portraits : l'un de saint Pierre, et au-dessous, Tanathème porté contre quiconque n'écoute pas la véritable Eglise; l'autre de saint Paul, avec l'analhème prononcé contre quiconque n'aime pas Notre-Seigneur Jésus -Christ. C'est dans cet oratoire que le nouveau supérieur général délégué, M. l'abbé Perreau, célébra le saint sacrifice, et reçut les engagements de chacune des

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